Samphire Hoe, un espace naturel né du forage du Tunnel sous la Manche

La construction du Tunnel sous la Manche a engendré l’extraction de plusieurs millions de m3 de craie bleue provenant des souterrains. Qu’est ce qu’Eurotunnel en a fait ? L’entreprise les a déposées en 1994 dans le Kent, au pied des falaises de Douvres. Résultat : le site de 30 hectares, baptisé Samphire Hoe, s’est enrichi d’une biodiversité impressionnante qui attire chaque année plus de 100 000 visiteurs.

Samphire Hoe est en fête. Le site reçoit cette semaine son septième Green flag, label qui distingue les espaces naturels les mieux préservés d’Angleterre et du Pays de Galles. Ouvert au public depuis 1997, ce site vallonné, marqué par une butte dominant la mer, a été créé par Eurotunnel au moment du percement du Tunnel sous la Manche. « Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour utiliser les 5 millions de m3 de craie provenant des souterrains, raconte Laurent Denys, Directeur du développement durable de l’entreprise. Déposer la terre extraite du tunnel dans des mines situées à plusieurs kilomètres de là impliquait un transport par camions très important, et très polluant. Eurotunnel a donc décidé d’allouer la craie à des sites propices au développement des espèces, l’un dans le Nord de la France à Fond Pignon qui n’est pas ouvert au grand public, l’autre dans le Sud de l’Angleterre. »

Le site de Samphire Hoe, implanté entre Douvres et Folkestone, est géré au quotidien par des rangers de White Cliffs Countryside Project (WCCP), mais aussi par des bénévoles. « Les habitants du coin sont très impliqués, explique Kirk de WCCP. Certains viennent régulièrement pour des permanences. Ils accueillent le public et font des études sur la faune ou la flore. D’autres viennent de manière plus occasionnelle pour nettoyer le site ou encore arracher les mauvaises herbes. »

Même les moutons locaux donnent un coup de main ! Des enclos ont en effet vu le jour sur le site. La présence de bétail permet d’améliorer la biodiversité végétale, mais aussi d’entretenir le terrain naturellement.

En 1994, seulement 30 espèces de graines endémiques ont été semées, on recense aujourd’hui plus de 200 espèces végétales ! Le clou du spectacle ? Les orchidées. On en dénombrait 67 en 1998, contre près de 10 000 cette année.











En vous baladant sur les chemins de Samphire Hoe, vous croiserez sûrement aussi des papillons (27 espèces), des libellules (13 espèces) ou des oiseaux. Parmi la centaine d’espèces présentes sur le site, deux figurent dans le Livre Rouge des espèces menacées : l’alouette des champs et le Pipit farlouse. Lieu de nidification pour la perdrix grise, Samphire est également un site d’observation idéale des migrations. Au printemps, fauvettes et hirondelles font route vers le Nord. L’automne est propice aux vols de fringilles, de grives et de roitelets huppés.  A noter que des visites thématiques sont organisées, pour en savoir plus sur les reptiles, la vie sauvage ou encore les falaises. Tout ça, à quelques minutes seulement de la sortie du Tunnel sous la Manche.

Plus d’infos : www.samphirehoe.com, www.whitecliffscountryside.org.uk et www.eurotunnel.com/fr/home/

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