Saint-Valentin : l’or n’est pas vert

Savez-vous d’où provient cette jolie bague en or que vous rêvez d’offrir ou de recevoir pour la Saint-Valentin ? A l’occasion de la fête des amoureux, le WWF repart en campagne pour rappeler les origines, trop souvent douteuses, de ce métal précieux et alerter sur les conséquences tant écologiques, sociales, économiques que sanitaires d’une extraction illégale de l’or, au travers de l’exemple guyanais.

En moyenne, on retrouve dans 1 hectare de forêt guyanaise plus d’espèces de plantes que sur l’ensemble de l’Europe continentale. Cette biodiversité remarquable est pourtant menacée. Le Parc National Amazonien, créé en 2007 pour préserver la biodiversité de Guyane, est toujours fortement impacté : 4000 hectares y ont été déforestés, et plus de 50 chantiers aurifères illégaux y sévissaient encore fin 2011.

Les impacts sur la santé des travailleurs

Utilisé par les orpailleurs clandestins pour extraire l’or, le mercure (interdit pourtant depuis 2006) est un poison très toxique qui s’accumule dans les cours d’eau et contamine toute la chaîne alimentaire, des poissons jusqu’à l’homme.

Les répercussions socio-économiques d’une nouvelle ruée vers l’or

L’exploitation aurifère clandestine concourt à la structuration de véritables filières d’immigration sauvages et au développement de réseaux de prostitution, de trafics (armes et drogues) et de délinquance. Le bilan est lourd. Le mois dernier, en pleine visite présidentielle, une fusillade a provoqué la mort de 6 personnes à Dorlin, un site d’orpaillage clandestin que le WWF avait déjà survolé avec Lucie Décosse, championne du monde de judo originaire de Guyane.

Les difficultés récurrentes dans la lutte contre l’orpaillage illégal et ses différents trafics annexes ne posent pas seulement un problème d’ordre public. En effet, ses impacts socio-économiques sont devenus énormes pour le territoire. Perte d’emplois chez les orpailleurs légaux, insécurité des populations riveraines et zones devenues infréquentables pour les touristes réduisant d’autant une activité essentielle pour le développement de la Guyane, tout cela contribue à faire de l’orpaillage illégal un fléau aux conséquences multiples.

La provenance de l’or…

En 2011, le WWF a mené, en relation avec l’Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (BJOP), la fédération nationale des horlogers, bijoutiers, joailliers et orfèvres (HBJO) et le Syndicat Saint Eloi, une enquête inédite, « sur les traces de l’or », auprès des acteurs de l’industrie de la bijouterie (fabricants, distributeurs, affineurs, etc.). Objectif : évaluer leur connaissance sur l’origine de l’or qu’ils achètent et dresser un état des lieux de la traçabilité de l’approvisionnement aurifère.

Résultat des courses : 82 % des répondants indiquent ne pas connaître la provenance de l’or qui passe entre leurs mains. 84% des professionnels participant à l’étude n’ont aucune garantie concernant la responsabilité des pratiques d’extraction, bien que 75% soient conscients des lourds impacts de l’extraction aurifère. Seul espoir : 90% des personnes ayant répondu se déclarent prêtes à agir à leur niveau.

Pour aller plus loin :

Consultez l’étude du WWF « Sur les traces de l’or » et découvrez le site www.nonalorillegal.fr

 

© Photos : Storm Crypt/ Flickr- Pon Chiang/ Flickr- Joriavlis/ Flickr

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone