Le sac plastique, persona non grata dès 2016

Sacs plastiques et sac à main à Rennes wikimedia commmonsLa ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a proposé d’interdire « les sacs plastiques à usage unique »  d’ici 2016 dans le cadre de la future loi sur la biodiversité, sous forme d’un amendement adopté le 25 juin par la commission développement durable de l’Assemblée nationale.

Alors qu’il avait été question de faire payer les sacs plastiques dès cette année, on s’oriente cette fois vers une interdiction en France. De son côté, le Parlement européen s’est prononcé récemment pour une réduction de l’utilisation de ces mêmes sacs à usage unique de 50 % d’ici 2017 et de 80 % en 2019.

Selon Ségolène Royal, il s’agit de remplacer « les sacs plastiques à usage unique qui entraînent des pollutions épouvantables, notamment marines, et détruisent les espèces fragiles – par des sacs compostables ou biodégradables ». Mais l’alternative proposée est problématique car ces matières des sacs dits biodégradables (à base d’amidon de maïs) ne se décomposent que très lentement, sur terre comme en mer.

Selon les entreprises du commerce et de la distribution et l’Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs, la mesure proposée par Ségolène Royal « coûterait 300 millions d’euros aux commerçants, entraînant une hausse des prix, notamment des fruits et des légumes».

Point de vue que ne partage pas l’UFC-Que Choisir qui se réjouit de la future interdiction, proposée par l’UFC dès 2003. Pour les écologistes du Bureau Européen de l’Environnement à Bruxelles, « c’est un pas dans la bonne direction d’interdire les sacs plastiques mais l’idée de les remplacer par des sacs biodégradables n’a pas de sens car il faudrait les collecter séparément.  Ce sont les habitudes structurelles de consommation qu’il faut changer ».

Les sacs de caisse ont été progressivement retirés de la grande distribution en France même si on en consomme encore 700 millions par an, contre au moins 12 milliards au début des années 2000. Le problème, ce sont les petits sacs ‘fruits et légumes’ : 17 milliards par an, selon France Nature Environnement (FNE), 12 milliards, selon le ministère.

Les sacs plastique ne sont pas le seul problème de la grande distribution : les emballages plastique ou en alu pour plats préparés ou autres sont de futurs déchets polluants qui ne font l’objet d’aucun recyclage et partent en décharge ou à l’incinération, un procédé que la ministre de l’Ecologie considère comme « complétement dépassé ».

Pour FNE, « il faut perdre l’habitude d’intégrer un déchet à l’acte d’achat ».

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.