Pour la révolte du bocage

Bei Villers-Bocage, getarnter Panzer VI (Tiger I)Roland Nadaus a écrit plus d’une soixantaine d’ouvrages : romans, contes, poèmes et une trentaine de recueils de poèmes, qui lui ont valu de recevoir en 2009 le Grand prix de l’Académie des sciences morales, arts et lettres de Versailles et d’Île-de-France. Cet ancien maire de la ville de Guyancourt, dans les Yvelines, fait sienne la phrase « Bâtir un poème, c’est comme bâtir une ville. » d’Aimé Césaire. Dans son livre « D’un bocage, l’autre », à paraître pour le Marché de la Poésie de Paris, en juin prochain, il s’insurge contre le « Grand Massacre » des bocages. Extrait.

CROIX DE BOIS

Grand Massacre, c’est fini. Maintenant : Grand Nettoyage.
Les fosses communes des brasiers sont comblées depuis longtemps. La Cendre n’a pas même fait cendres.
Les nouveaux seigneurs, du haut de leurs engins agricoles équipés d’ordinateur, toisent le petit peuple des amants du bocage.
-Et s’ils spéculent, ce n’est pas sur l’Éternité !-

Comme les nobles d’Ancien Régime foulaient la récolte paysanne pour leur simple plaisir de chasse, ils chevauchent à gros pneus –ou à lourdes chenilles- les fossés, les ruisseaux, les chemins creux, les haies –qu’ils jugent détestables parce que résistant aux roues de leurs engins de grand écart.
Alors ils effacent le paysage –sans se demander un seul instant s’ils ne s’effacent pas ainsi eux-mêmes. –Car en plus, la Banque les poursuit…

C’est comme ça qu’a commencé la Révolution.
Un peu plus tard.

Retrouvez Roland Nadaus ici : http://roland.nadaus-poete.monsite-orange.fr/

 

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A l'issue de sa prépa bio au Lycée Chaptal, à Paris, Arnaud intègre l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT). Avant de rejoindre Néoplanète, il a fait ses premières armes de journaliste à Ça m’intéresse et Science&Vie Junior.