Roland Garros : un tournoi qui soigne son bilan carbone

Vous avez probablement suivi avant-hier la finale hommes du tournoi de Roland-Garros. Les Internationaux de France de Tennis ont cette année vu passer plus de 460 000 visiteurs venant du monde entier. L’ampleur d’un tel évènement a un coût, tant financier qu’écologique.

Photos : Anthony Gasparetto, KEL EPOK EPIK, tous droits réservés.

La FFT (Fédération Française de Tennis) prend de vertes résolutions pour Roland. Elle a fait réaliser le bilan carbone de l’édition de l’an dernier, et met en place dès cette année des actions significatives.

Un évènement tel que Roland-Garros brasse un nombre de visiteurs et d’infrastructures impressionnant. D’après la société Kénéo, qui a effectué le bilan carbone de l’édition 2008 du tournoi, l’évènement a généré un dégagement de 155 860 tonnes de CO2. Ce chiffre équivaut aux rejets annuels de 20 000 Français ou encore à 40 000 allers-retours Paris-Sydney en avion !
Ont été pris en compte dans ce calcul la consommation d’énergie, la climatisation, le fret, le transport des personnes, les matériaux et services entrant, les déchets et emballages ainsi que les amortissements sur les constructions.

Premiers coupables : les transports. Près de 95 % de ces émissions sont dues aux transports, dont 86 % pour le seul transport aérien.

La Fédération Française de Tennis se donne donc cinq ans pour diminuer ces productions d’équivalent CO2 de :
– 33 % au niveau des transports internes (organisation, joueurs, médias),
– 25 % au niveau du transport des spectateurs (en essayant notamment de favoriser un basculement de 30 % du routier vers le ferré),
– 20 % au niveau des coûts d’énergie (réduction des dépenses énergétiques, du nombre de serveurs, etc.).



Plus concrètement, des actions commencent à être développées :

Produits dérivés éco-labellisés, emballages recyclés ou biodégradables, récupération des eaux, utilisation systématique de papier recyclé pour les supports de communication, billets électroniques, amélioration du tri sélectif pour le grand public (des compacteurs de canettes et des bacs de récupération de piles ont été ajoutés cette année), incitation aux transports doux (parkings à vélo, borne temporaire de Vélib’) … sont autant d’actions sur lesquelles la FFT mettra l’accent dans les années à venir.

Un gain important pourra être obtenu en incitant les visiteurs arrivés en avion à privilégier le train la prochaine fois (dans la mesure du possible, bien évidemment).

Les partenaires font aussi des efforts. Les chauffeurs des voitures officielles ont été formés à l’éco-conduite (Peugeot), des produits biologiques et labellisés ont été largement proposés dans les restaurants du tournoi (Potel et Chabot) et le nombre de serveurs informatiques est réduit d’année en année pour des performances tout aussi importantes : il est passé de 60 serveurs en 2006 à 6 en 2009 (IBM).


UNE ACTION PARALLELE : L’OPERATION BALLE JAUNE

Ce sont 14 millions de balles de tennis qui circulent aujourd’hui en France chaque année, ce qui fait du tennis le 5ème sport le plus polluant (étude Science et Vie 2007). L’objectif de l’opération est donc de récupérer et de recycler les balles usagées pour les transformer en granulats de caoutchouc destinés à la construction de terrains sportifs pour des organisations à caractère social. La récolte de 40 000 balles permet de fabriquer 1 tonne de granulat, soit 100 m² de tapis. Cette opération est menée en partenariat avec Coved, qui a déjà installée 2 000 containers en carton recyclé dans les clubs concernés. Lancée lors du tournoi 2008 dans sept ligues pilotes, l’Opération « Balle jaune » s’étend aujourd’hui à dix-neuf ligues (sur les 36 existantes). Elle a vu sa première réalisation se concrétiser mi-mai en Seine-et-Marne par la construction d’un tapis sportif au centre de rééducation d’enfants handicapés de Voisenon.

Le chemin est encore long à parcourir, pour ne pas dire le terrain. Mais la machine est en marche.



Plus d’infos sur www.fft.fr

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.