Rio+20 : des lobbies au Sommet de la Terre ?

les lobbies maitrisent le mondeDu 20 au 22 juin 2012 se tiendra le sommet de la Terre à Rio. Officiellement, l’objectif est de parler de développement durable entre dirigeants soucieux de l’avenir de la planète. Mais si ce rassemblement réunissait les plus grands lobbies internationaux ? Car officieusement, il pourrait bel et bien s’agir de parler de marchandisation de la nature.

 

Verts billets

Un Sommet factice, un trompe l’œil. C’est ce que soutient Sylvain Lapoix, ancien rédacteur politique et économique à Marianne, sur le blog http://owni.fr. Sa théorie ? Chaque lobby est un groupe de pression qui représente des intérêts économiques internationaux que l’Organisation mondiale des nations unies (ONU) ne peut mettre de côté. Selon lui, « les groupes de pression et organismes représentatifs des intérêts économiques mondiaux noyautent et encadrent les rencontres officielles de leurs propres événements, afin de coordonner leur montée en puissance au sein des instances de l’ONU. » Autrement dit : Rio réunira les conglomérats les plus influents et polluants du globe.

Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, réaffirme d’ailleurs ce propos: « Il est inacceptable que des entreprises telles que Shell, qui provoquent des pollutions massives et violent les droits de l’Homme, soient aux commandes des processus de décision sur le développement durable. […] Les entreprises polluantes ne devraient pas aider à faire les lois, elles devraient y être soumises. » C’est hélas tout l’inverse. Le pacte mondial des Nations Unies autorise les groupes à utiliser le drapeau de l’ONU pour enjoliver leur image. Par exemple, l’eau est toujours considérée comme un produit négociable et non une ressource de droit commun, la présence des entreprises au sein des Fonds International de Développement Agricole (FIDA) compromet encore l’élaboration d’une politique agricole et alimentaire universelle…

Pour couronner le tout, le prix des chambres d’hôtels a flambé à l’occasion du Sommet de la Terre, allant jusqu’à 500$ la nuit pour des logements de standing moyen ! Impossible donc pour les ONG les plus notoires et les groupes écologistes de se loger. Si bien que seules les grandes multinationales peuvent se permettre le déplacement.

Volontés vertes, ambitions grises

Quel est le but du Sommet de Rio ? Les ONG espèrent que l’Organisation mondiale de l’environnement voulue par la France servira de « cour de justice pour l’environnement ». Mais les entreprises tablent plus sur une sorte de « conseil  de l’eau » environnemental, organisme sans grande capacité répressive, qui serait présidé par un représentant des dites entreprises. Ces agissements attisent la colère des Amis de la Terre qui dénoncent le 5 juin la mainmise de la finance sur la nature. Dans ce rapport ils accusent l’ONU d’avoir développer le concept « d’économie verte » qui consiste simplement à verdir les actes des grands industriels, soit vendre nature et population.

Vous l’aurez compris, les intérêts économiques seront plus que jamais présents au détriment du bon sens écologique, dans un sommet qui n’aura de vert que l’odeur du billet. Et si seront assises à table quelques entreprises dites « vertes », quoi de plus normal pour un sommet de la Terre que d’inviter des entreprises « grises foncées ». En vrac : l’ICMM (mines et métaux), l’ICCA (produits chimiques), l’IPIECA (regroupant les groupes du secteur pétrolier), le Air Transport Action Group et la très célèbre International Aluminium Institute, qui se flatte de détenir une des industries les plus consommatrices en énergie du globe…

 

Et si vous vous sentez indigné par ce constat alors soutenez la pétition contre « la domination de l’ONU par les entreprises » elle réunit déjà plus de 400 organisations de la société civile au travers le monde. http://www.foei.org/end-un-corporate-capture

 

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.