Rio 2012 : enfin terre à terre ?

L’état de notre planète est sans cesse scruté au travers de diverses études, analyses, synthèses, rencontres, conférences… bien utiles pour nous faire comprendre le niveau de dégradation de nos écosystèmes. Mais les réactions politiques courageuses se font pour le moins attendre !

rio +20, rio, sommet de la terreRio 1992 fut LA réunion emblématique dont nous avions besoin après une période de croissance économique mondiale inégalée entre 1960-1990, conjuguée à une démographie galopante dès la fin des années 1950 (nombre d’humains multiplié par 2,6 entre 1950 et aujourd’hui !). L’essor spectaculaire de la science écologique et de l’écologisme politique dans les seventies trouvait, à Rio, une plate-forme de réflexion, de synthèse nouvelle et ambitieuse, car le développement retenu devenait insoutenable. Il y naissait la Convention sur la Diversité Biologique et le mot « biodiversité » sortait du sérail des laboratoires.

Politiques, scientifiques, ONG, citoyens… se trouvaient associés pour discuter et proposer dans un accent que nous retrouverons quinze ans plus tard, en France, lors des Grenelle. Les grandes questions environnementales actuelles – l’énergie, le climat, l’eau et la biodiversité – pouvaient enfin affirmer leurs interdépendances et connexions.

Qu’attendre d’une grande conférence de plus ?

Depuis, nous avons vécu nombre de conférences, celle qui lança l’Année internationale de la biodiversité, celle de Nagoya, fin 2010 et, bien sûr, toutes les autres dédiées au climat après la création et la montée en puissance du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), en 1988. En matière de lois ou de mesures efficaces, force est de constater que la vitesse et la puissance de dégradation de nos environnements sont toujours bien plus aiguës que notre capacité à réagir en temps utile !

Alors, qu’attendre d’une grande conférence de plus ? Il est encourageant de remarquer que les dialogues sont bien amplifiés entre politiques et scientifiques. Ces derniers reconnaissent le rôle de preneur de décision du politique, mais aimeraient cependant être écoutés plus souvent. La place du citoyen dans tout cela ? Il doit s’imposer beaucoup plus s’il veut peser dans les décisions ! Finalement, saurons-nous mettre en action collectivement une Organisation Mondiale pour l’Environnement ?

 

Article paru dans Néoplanète n°29.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone