Rêves de plastique

A l’occasion du concours « Coca-Cola du design durable », Néoplanète vous propose de découvrir tous les quinze jours le portrait d’un artiste ou d’un designer travaillant à partir d’emballages de boissons. Cette semaine, l’artiste canadienne Aurora Robson nous dévoile ses rêves matérialisés grâce à des vieilles bouteilles de plastique.

Aurora Robson utilise des dizaines de milliers de bouteilles en plastique pour matérialiser ses cauchemars d’enfant. Pourtant, quand on s’immerge dans le monde fantastique de l’artiste canadienne, ses sculptures et ses mobiles semblent sortir tout droit du pays des rêves.

Déjà 30 000 bouteilles plastiques recyclées à son actif. C’est clair, l’artiste canadienne Aurora Robson, 38 ans, voit les choses en grand. Pour permettre à ses cauchemars de petite fille de devenir réalité et ainsi mieux les exorciser, elle intercepte les bouteilles d’eau, de soda et de jus d’orange avant qu’elles n’atterrissent à la décharge. Et depuis 2003, elle les transforme en œuvres d’art colorées aux formes fantasques. A Brooklyn, aux Etats-Unis, elle crée de petits mobiles, parfois illuminés de l’intérieur par une ampoule LED ou à énergie solaire, mais aussi des installations géantes dans lesquelles les visiteurs peuvent s’immerger complètement. Histoire de mieux se glisser dans la peau d’Aurora.

 

Les idées noires en bouteille

En 2008, des dizaines d’artistes l’aident à matérialiser ses pensées et montent l’incroyable tunnel de plastique dans la galerie Rice, au Texas. « Les Intérieurs Extraordinaires » (The Great Indoors) a ainsi permit à 15 000 bouteilles de plastique d’être recyclées pour enchanter enfants et adultes. Aurora est seule, toute petite au milieu de formes vaporeuses qui jaillissent de terre ; Des masses gigantesques et gélatineuses et des tuyaux entremêlés l’empêchent d’avancer. Son objectif est de transformer ces images intérieures inquiétantes en art gai et innovant. Du négatif au positif, du sale au beau, de l’angoisse à l’émerveillement. En utilisant des détritus dont plus personne ne veut comme matériau de base, elle suit le même principe.

 

Brosse à cheveux et peinture à l’eau

Ces détritus, elle les nettoie consciencieusement avant de les peindre. Certaines bouteilles sont utilisées telles qu’elles, comme la bouteille de Sprite® vert-clair, d’autres sont colorées avec de la peinture à l’eau, d’autres encore sont décorées de petits points, les marques de la brosse à cheveux d’Aurora, un de ses outils fétiches.  Ses sculptures défient les lois de la gravité, mais aussi celles de l’imagination. Il en faut pour imaginer qu’une montagne de déchets puisse donner un tel résultat !

 

« On récolte ce que l’on sème »

Aurora veut sentir qu’on peut changer le cours des choses, que le destin n’existe pas. Aurora en est l’exemple même : elle n’a jamais terminé son cursus au lycée mais sort finalement diplômée d’un Master en Histoire de l’Art et Art Visuel, avec les honneurs du jury de l’Université de Columbia ; alors qu’à 15 ans elle avait quitté le nid familial et peignait les murs des restaurants pour gagner sa vie, Aurora expose aujourd’hui ses œuvres monumentales à Houston (The Great Indoors), à Newport (Land Mines, « Champs de mines »), et dans le New Jersey (What Goes Around Comes Around, « On récolte ce que l’on sème »), entre autres.  Pour celle qui se définit comme une éco-activiste, ses sculptures de plastique sont une manière de résoudre les problèmes de pollution de l’environnement, même si l’impact est minime. L’important est que l’idée soit comprise : les vieux déchets délaissés peuvent aussi nous faire rêver.

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Plus d’infos sur www.aurorarobson.com



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