Retraites, la renaissance

En plein débat sur la réforme des retraites, on peut s’interroger sur le rapport entre la fin d’activité professionnelle et l’épanouissement personnel. Le bonheur est-il dans la retraite ? Par Dominique Bidou, ingénieur et démographe de formation.

Il y a aujourd’hui un quatrième âge. En fait, le troisième a pris un point, et laissé la place à un âge inconnu jusqu’il y a peu. Un âge intermédiaire, entre l’adulte dans la force de l’âge et le vieux, au sens habituel du terme. On a inventé le quatrième âge à l’intention des plus vieux, sans se préoccuper des jeunes vieux ou des vieux adultes, comme on voudra, à savoir ceux qui ont entre 55 et 70 ans.

Le débat actuel sur les retraites ne joue que sur la frontière entre deux âges, entre deux statuts, actifs et inactifs, alors qu’un nouvel  âge s’interpose. La vieillesse effective est reculée pour beaucoup d’entre nous. Il faut s’en réjouir et se poser la question du bon usage de ce temps gagné pour le profit à la fois de chacun et de la collectivité. Les retraités apportent beaucoup à l’économie, de mille manières. Certaines sont commerciales, d’autres en auto-production, en associations, ou en soutien aux plus jeunes de la famille, en garde d’enfants ou en assistance à la génération encore plus âgée : leurs parents.

On a beau être « actif » et vif à 60 ans, on est usé par 40 ans d’activité, on a fait le tour de son métier, on a envie de faire autre chose. C’est cet « autre chose » qu’il faut offrir. Ce n’est d’ailleurs pas un cadeau, mais un bon calcul économique que de redonner une nouvelle jeunesse en redistribuant les cartes. C’est un jubilé, une renaissance, qui n’est pas le prolongement jusqu’à plus soif de l’activité d’avant. C’est une manière originale de valoriser un capital humain qui s’était déprécié dans le cadre habituel de l’entreprise, et qui ne demande qu’à s’épanouir.

Le chantier de cet âge intermédiaire reste à ouvrir. Bien organisée, l’activité ainsi prolongée est bonne pour la santé, elle maintient l’esprit éveillé, fait bouger le corps, conserve la forme et retarde le vieillissement, l’arrivée du quatrième âge. Il existe un deuxième âge actif, où la créativité peut être reine. Le vieillissement a du bon !

Article écrit par Dominique Bidou et extrait du magazine Néoplanète numéro 16, un numéro Théma consacré à l’épanouissement durable.

Pour info: Dominique Bidou anime un site sur le développement durable: www.db-dd.org


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