Réserves naturelles : le bilan un an après Xynthia

Près d’un an après la tempête Xynthia qui a submergé une partie de la Charente-Maritime et de la Vendée, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) établit un bilan de l’état des réserves naturelles nationales dont elle est gestionnaire.

Près de 550 000 euros de dégâts (hors bâti), cinq réserves naturelles touchées, 47 pertes humaines et 97 animaux domestiques morts… Le bilan des destructions causées par le passage de Xynthia le 28 février 2010 est lourd. Parmi les premiers sur les lieux, la LPO a dû gérer l’urgence, remettre en état et protéger la côte sur ces espaces, notamment sur les trois réserves naturelles nationales qu’elle gère.

Entre La Rochelle et Rochefort, la réserve des marais d’Yves a vu renaitre son cordon dunaire. Du sable a été remonté sur tout le linéaire et mis en défense pour permettre une reprise rapide de la végétation. Un nouvel apport de sable reste néanmoins nécessaire pour que ce cordon dunaire assure une barrière efficace contre la mer.

Sur l’île de Ré, le linéaire de digue de la réserve de Lilleau des Niges a été réhabilité, notamment la brèche de 20 mètres créée par la tempête. Sa solidité n’est cependant pas assurée sur son ensemble. « Une grande partie du linéaire reste fragile, explique Jean-Christophe Lemesle, conservateur de la réserve, au journal du Phare du Ré. Sur les 2,5 kilomètres de digues, 1,7 a été endommagé à des niveaux très différents. »

La réserve naturelle de Moëze-Oléron présente, elle, le plus de signes de faiblesse. La digue à la mer coté continent, totalement bouleversée, a repris en partie sa fonction après les travaux. Plus au Sud, le linéaire reste à retravailler. Quant aux zones reprises, elles présentent déjà des signes d’affaiblissement. Compte-tenu de la hausse du niveau des mers, la LPO ne compte pas reconstruire la digue à l’identique.

Pour la Ligue de protection des oiseaux, beaucoup de travail reste à faire sur la prévention des risques et son organisation sur le littoral. Allain Bougrain Dubourg, son président, explique que « la classe politique et l’opinion publique doivent prendre conscience que la période de conquête de terres sur la mer est sans doute révolue. Il s’agit maintenant de laisser la mer reconquérir les terres gagnées, là où les intérêts économiques et de sécurité publique ne sont pas concernés. »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone