Réchauffement climatique : douche froide à Varsovie !

L’aide aux pays du Sud risque d’attendre longtemps même si la conférence mondiale sur le climat de Varsovie a finalement débouché samedi sur un accord a minima pour sauver la face, mais sans calendrier d’engagements chiffrés des 190 nations présentes en Pologne.

Certes, la communauté internationale s’est engagée à conclure à Paris en 2015 un accord de réduction des émissions gaz à effet de serre entrant en vigueur en 2020, impliquant (pour la première fois) tous les pays et « assez ambitieux pour limiter le réchauffement climatique de la planète à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle ». Mais les moyens d’y parvenir n’y sont pas.

Oubliées, les larmes de crocodile de l’ouverture de la conférence alors que le typhon Haiyan ravageait les Philippines : plus question de mobiliser 100 milliards de dollars sur un Fonds vert pour aider les pays du Sud à faire face aux conséquences du réchauffement et à s’adapter ! Il est juste recommandé de « faire mieux » que les 10 milliards décidés à Copenhague en 2009 pour faire face aux urgences. « On attendait de vrais engagements financiers ; on a eu des cacahuètes ! », a sobrement commenté le représentant du Bangladesh.

Quant aux nouveaux objectifs chiffrés de réduction des émissions, il n’est plus question de proposer des « engagements » mais de « contributions »  que les pays soumettront à Paris en 2015.

Aucun calendrier n’a été fixé tandis que la Chine et l’Inde ont déjà mis leurs conditions : pas question que les pays industrialisés et les pays en développement soient traités de la même façon dans l’accord de Paris. Or les émissions des pays du Sud valent désormais celles des pays du Nord et la Chine à elle seule en représente presque 30%.

Un mécanisme « pertes et dommages », suscitant des espoirs au Sud, a été créé dans la douleur mais sans engagement financier : il faudra simplement « que les montants soient ambitieux et profitent à tous les pays en développement, avec une priorité pour les plus vulnérables, essentiellement les africains et les petites îles du Pacifique ».

Quelque 800 représentants des associations de défense de l’environnement, dont Greenpeace et le WWF, ont claqué la porte avant la fin de la conférence pour protester contre l’absence d’engagements des Etats.

Prochaines étapes : Lima en décembre 2014 puis à Paris en décembre 2015.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.