Au paradis des randonneurs

Avec le retour du printemps, les chaussures de randonnées s’affolent dans les placards et les envies de balades et de nature se font pressantes dans les esprits. Néoplanète vous suggère un petit tour au Val d’Azun, dans le Parc national des Pyrénées. Reportage.

SUNP0035A quelques encablures de Lourdes, au cœur du Parc national des Pyrénées, le village d’Arrens-Marsous est le point de départ pour la vallée du Tech, en Val d’Azun. Dans le petit bourg se niche la Maison du Parc national et de la vallée du Tech. Une des huit « Maisons » installées sur le territoire. Accueil, informations, expositions, projections sur le patrimoine, la faune, la flore. Tout est là pour vous aider à élaborer un circuit de visite ou vous éclairer sur les richesses qui vous entourent. Pour le confort de tous, le site est labellisé « Tourisme et handicap ».

Une dizaine de kilomètres plus loin, la route s’arrête là. Vous êtes au Plan d’Aste, à 1470 mètres d’altitude. D’abord on respire. Ensuite une furieuse envie d’avaler les kilomètres du sentier qui serpente le long des pins vous saisit. Direction le lac de Suyen, une demi-heure de marche partagée entre un chemin escarpé, au frais sous la pinède, et un parcours enherbé, plus aisé, cerné par les sommets de la vallée du Tech. Derrière les géants de roche, c’est l’Espagne. Parterre floral, déclinaison de verts pour la végétation et de bleus pour le lac aux reflets maldiviens.

En partenariat avec le Parc national, et en concertation avec les gardes-forestiers, le lac naturel de Suyen est exploité par EDF. Il permet d’alimenter, via une centrale hydroélectrique, l’équivalent de la consommation d’une ville de 160 000 habitants. Plus bas dans la vallée, en redescendant vers Arrens-Marsous, se pose le barrage du Tech qui engrange, lui, pas moins de 17 millions de m3 d’eau.

 

Mission « rapaces »

SUNP0032Une vallée partagée par une faune et une flore d’exception. D’autant que les ceintures de lacs, en particulier en montagne, sont colonisés par des plantes spécifiques : drosera, rubanier ou grassette. Côté faune, de nombreuses espèces d’oiseaux, dont certaines protégées : vautour, aigle royal, percnoptère d’Egypte, gypaète barbu et bien sûr le grand tétras ou coq de bruyère. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a d’ailleurs mis en place une mission « rapaces » sur le territoire afin de sauvegarder certaines espèces emblématiques. Mais d’autres trésors sont en danger : les papillons. Ils subissent le réchauffement climatique qui fait remonter la végétation vers les sommets, entraînant leur disparition. Le territoire est ainsi déclaré « zone de papillons protégés ».

Marmottes, isards, renards ou batraciens, une faune sauvage, et souvent endémique, cohabite des crêtes aux estives, des sources aux lacs, des villages aux sous-bois. « La sociologie de la ville de New York est plus simple que la gestion de l’interactivité des espèces végétales et animales », rappelle un des gardes-forestiers, en vigilance sur le site. Une logique « d’Arche de Noé » pour préserver la biodiversité.

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Jean-Michel Véry

Guitariste, compositeur, après dix ans de bons et loyaux services auprès de musiciens comme Andy Chase, Laszlo de Trèbes ou Vivien Savage, il débranche pour le journalisme et collabore avec L’Optimum, Le Figaro, Politis… Un père anglais et une mère égyptienne, aux ascendances touaregs, lui confèrent génétiquement le goût du voyage. Il signe régulièrement la rubrique « tourisme » pour Néoplanète.