Radioactivité dans la Manche : faut-il s’inquiéter ?

Un banal prélèvement en octobre 2012 de l’Association ACRO a révélé une concentration de tritium anormalement élevée dans l’eau de mer de la baie d’Ecalgrain. Tout ça à quelques pas seulement de l’usine AREVA de la Hague (Manche)…

©CC0Qu’est-ce que le tritium ? Rare à l’état naturel, le tritium est une forme radioactive de l’hydrogène. Souvent utilisé dans la fabrication des bombes atomiques, les réacteurs nucléaires en rejettent également une grande quantité directement dans l’environnement (air et eau). Inhalé dans l’organisme en grande quantité, le tritium peut pénétrer dans l’ADN des cellules et provoquer certains cancers.

Pourquoi des prélèvements ont-ils été faits ? L’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a procédé le 17 octobre dernier, comme tous les mois, à un simple contrôle de l’eau de mer dans la baie d’Ecalgrain, à deux pas seulement de l’usine Areva de la Hague.

Quels sont les résultats ? L’inspection  a révélé une concentration de 110 becquerels par litre d’eau. « En dix ans de surveillance mensuelle au cap de la Hague, de 1998 à 2007, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire n’a jamais mesuré de concentration supérieur à 33,3 Bq/L », précise l’ACRO dans un de ses communiqués.

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAQu’elle est la responsabilité d’AREVA ? AREVA, qui occupe le site de la Hague, a tout de suite fait savoir que rien d’anormal n’avait été remarqué dans l’usine. Comme c’est le cas pour la plupart des entreprises nucléaires, les aménagements rejettent des déchets liquides et radioactifs au large de la mer. L’objectif est de délayer ces « ordures » dans l’eau afin de les rendre inoffensifs.

Doit-on s’inquiéter ? Le chef de l’Autorité de sûreté nucléaire, Simon Huffeteau, a indiqué que la quantité de tritium mesurée par l’ACRO n’était pas alarmiste. « C’est une valeur qui est ponctuelle, qui ne présente pas d’enjeu sanitaire », a-t-il fait comprendre. Le taux de tritium n’en reste pas moins trois fois plus élevé qu’en temps normal et est même largement plus élevé que celui de Fukushima (13 Bq/L). Il faudra encore attendre pour en savoir plus sur cette anomalie et comprendre comment cela a pu arriver.

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.