Quel lien intime entre la forêt et notre eau ?

Quelles relations peut-il y avoir entre ces deux éléments indispensables à la vie sur Terre ? Plus le dérèglement climatique s’accentue, plus on comprend l’étroit lien qui les relie. A nous de faire évoluer ce cercle vicieux en cercle vertueux. Car sans eaux, pas de forêts et vice-versa. Explications.

Eau&Foret copyright S.Madeline Communes Forestiere

La forêt, la biodiversité et la disponibilité de l’eau

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 75% des ressources en eaux douces proviennent d’endroits de « captages boisés », autrement dit, des forêts. Cela s’explique par deux facteurs. Tout d’abord, les racines des arbres permettent de renforcer la capacité de rétention d’eau des sols tout en régulant le débit des cours d’eau et permet donc de conserver de l’eau pour des saisons plus sèches. De plus, la présence d’espaces boisés favorise le phénomène d’évapo-transpiration. Et oui, les arbres transpirent une partie de l’eau qu’ils ont capté dans la journée ! Il a d’ailleurs été prouvé que la déforestation en Amazonie tendait à faire baisser le volume des précipitations dans cette région.

On estime aussi que les sécheresses chroniques des pays africains sont dues à la déforestation massive de ce continent (notamment dans l’est africain et au Kenya). A l’inverse, les mesures prises il y a 30 ans sur l’île de Bornéo pour protéger et replanter ses forêts auraient pour effet bénéfique d’augmenter les précipitations annuelles de près de 25%.


Les forêts sont-elles un filtre naturel ?

Licence: CC0 Public Domain PixabayOn parle souvent des problèmes de l’eau et des nappes phréatiques. Ces nappes représentent notre principale source d’eau douce à l’état liquide (3% de l’eau de la planète est douce et seulement 1% à l’état liquide – Source : WWF). Or, ces ressources sont aussi les plus exposées à la pollution et menacées par l’extinction de milieu naturel. Les espaces boisés sont les filtres naturels les plus puissants et les plus complets que nous possédons. L’une des principales causes de pollution des cours d’eau et autres nappes phréatiques est l’érosion des sols. Cet effritement détermine généralement une baisse de la capacité d’infiltration des sols et donc un plus haut taux de sédimentation présent dans l’eau.

Les espaces boisés offrent de grands espaces de protection au sol. D’un côté, la canopée des arbres (partie supérieure de la forêt en contact direct avec l’atmosphère) offre un premier parapluie aux eaux de pluies qui font couler les sédiments de l’amont vers l’aval. De l’autre, le plus important, les arbustes de bas-étages, la litière des arbres (le tapis de feuilles tombées au sol)… offrent la meilleure protection contre l’érosion et la percée de sédiment dans l’eau. Les racines des arbres offrent aussi une bonne protection contre ces sédiments en empêchant la formation de rigole.

L’action filtrante du sol

A cette épuration physique, s’ajoute une épuration biologique. Par son action filtrante, le sol des forêts fixe et transforme les matières organiques. Elle charge ainsi l’eau de minéraux aux propriétés thérapeutique et détruit les nitrates (sels + acide nitrique – pour être qualifiée de potable, l’Organisation Mondial de la Santé estime qu’il en faut moins de 25mg/L). Finalement, ce long processus naturel assure à l’eau une qualité, qui n’a d’égal que son goût.

eau crédit photo Pixabay libre de droit

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