Quel avenir pour le commerce équitable Nord-Nord ?

Des produits « équitables » fabriqués en France ont fait leur apparition l’année dernière dans les étals des supermarchés. Leur avenir sera-t-il aussi doré que celui de leurs homologues issus du commerce équitable Sud-Nord, dont 82% des français connaissent désormais l’existence (source Artisans du monde) ? 

Lisez ci-dessous le point de vue de Gilles Maréchal, administrateur de la Fédération régionale des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural de Bretagne (FR Civam).

Petit retour un an en arrière. En mars 2011, la marque Alter-Eco lançait sur le marché une gamme de d’aliments équitables produits par la Coopérative régionale d’agriculture biologique (Corab) en Charente-Maritime. Au menu : pois cassés, lentilles et haricots blancs et deux mueslis (pomme-abricot et croustillant chocolat) aux flocons de céréales complètes. Un mois plus tard, la marque Ethiquable lui emboitait le pas en proposant de la crème de châtaigne, des farines, de l’huile, des infusions, des jus… bio et locaux. Enfin, le distributeur Biocoop a créé des filières équitables et durables en France garantissant des quantités et des prix sur trois ans avec les coopératives.

Profil des paysans équitables du Nord

Mais comment mettre en œuvre des circuits de commerce équitable Nord-Nord pérennes ? Gilles Maréchal, administrateur de la Fédération régionale des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural de Bretagne, s’intéresse à cette question.

Selon lui, la sensibilisation de l’opinion depuis une quarantaine d’années sur les conditions de travail et de vie des producteurs du Sud leur a permis de bénéficier d’une certaine légitimité. Leur situation « injuste » étant « perçue comme telle » par les consommateurs. Mais « en ce qui concerne les circuits Nord-Nord, il n’est pas assuré que les paysans disposent de la même aura de légitimité que leurs confrères du Sud (…). Même s’ils (les consommateurs, ndlr) identifient des cas particuliers de pauvreté, ils connaissent aussi des contre-exemples qui ne les incitent pas à construire intellectuellement une catégorie « paysan = victime d’un système injuste » » estime t-il.

Pourtant, force est de constater qu’un certain nombre de producteurs ou de réseaux d’agriculteurs s’intéressent au commerce équitable ou à ses formes dérivées, telles que les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne qui proposent aux consommateurs de s’approvisionner directement auprès des producteurs). Gilles Maréchal explique que ces paysans « sont parmi les moins aidés en proportion (…). Ils parient sur une régulation par les prix, rejoignant au moins partiellement la revendication « des prix, pas des primes », souvent utilisée pour légitimer les avantages perçus par les plus puissants. »

Comment faire adhérer le consommateur au commerce équitable Nord-Nord  ? La suite est à lire en page 2.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone