Que faire quand il fait un froid de canard ?

Article extrait de Néoplanète n°26

 

Quand il fait froid, la tentation est grande de garder nos chers animaux bien au chaud. Marie-Christine Favé, diplômée des Écoles nationales vétérinaires, nous explique pourquoi ça n’est pas une bonne idée.

À l’approche de l’hiver, les mammifères revêtent leur fourrure blanche, comme le renard arctique brun. Nombre d’oiseaux adoptent aussi un plumage de saison. Ce qui n’est pas le cas des animaux domestiques. Or couvrir un chien ou un chat avec un manteau, ou un cheval avec un plaid, gêne ces bêtes.

Lors des premiers frimas, le cerveau reçoit les informations de l’extérieur et donne l’ordre de fabriquer des poils ou des plumes pour affronter ces conditions climatiques moins clémentes. Nos compagnons à quatre pattes, qui vivent dans des lieux confinés, n’ont pas un pelage adapté. Et chez ceux qui sont tondus, rasés ou vêtus, le cerveau reçoit des indications contradictoires. En effet, comment réguler la température du corps alors que certaines parties sont froides, et d’autres chaudes ?

UNE NATURE AU POIL !

La nature est bien faite : le hérissement des poils maintient, entre les poils et les sous-poils, une couche d’air isolante à la surface de l’épiderme qui réchauffe. Ce sont des petits muscles qui leur permettent de se redresser, et comme tous les muscles, ils ont besoin d’être entraînés. Ainsi, les chevaux qui vivent au pré, lorsque le thermomètre baisse, ont leurs muscles qui bougent un peu chaque jour. Quand la température devient glaciale, leurs poils se hérissent donc rapidement pour les protéger d’un refroidissement. Contrairement aux chiens, ils évacuent la transpiration par la peau. Dès qu’ils ont les poils mouillés, ils se placent face au vent, les poils relevés, pour utiliser ce « sèchepoils» naturel.

Mais sous les couvertures, dans les écuries, la sueur tarde à sécher et les coups de froid sont fréquents. Le plaid modifie aussi les courants électrostatiques qui circulent dans et autour du pelage. L’animal peut ressentir de l’électricité statique qui trouble son humeur et sa santé. Leur capacité à appréhender leur environnement ou à sentir un danger potentiel réduite, le cheval ou le chat, perturbés, peuvent être en sur-stress, parfois sans raison. En s’ébrouant, en se roulant, même dans la boue, lorsque la couverture ou le manteau sont enlevés, ils cherchent à retrouver leur équilibre électrostatique. Et lorsqu’ils ont froid, ils se réchauffent… en marchant ou en bougeant. S’ils ont été tondus ou rasés, il faudra, bien sûr, les protéger, le temps que leur poil s’étoffe, mais ne les privons pas du pré ou de la promenade, même sous les flocons.

www.animots-a-mi-mots.org

© Photos: KATELL LORRE – DR


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Marie-Christine Favé

Vétérinaire, Marie-Christine Favé accompagne depuis plus de 15 années les éleveurs et particuliers à construire l’équilibre comportemental et la santé de leurs Animaux de ferme et de compagnie, et clarifier la relation entre l’homme et les animaux.