Quand les poubelles se mettent au vert

Nos déchets augmentent année après année. Dans les pays de l’OCDE, les déchets municipaux ont augmenté de 40% entre 1980 et 1997 pour atteindre plus de 500 kilos d’ordures par personne et par an. Comment découpler la croissance économique de l’augmentation des déchets ? Un véritable casse-tête pour les communes en charge de les collecter, de les stocker et de les recycler. Enquête sur les poubelles du 21ème siècle, qui elles aussi se mettent au développement durable et révolutionnent notre manière de jeter, de trier et de collecter.


Une poubelle design et qui trie, c’est possible ? Oui ! En témoigne la poubelle Ovetto qui se distingue par sa forme sphérique, conceptualisée par l’architecte d’intérieur Gianluca Soldi. Fabriquée à Montemurlo (entre Pise et Bologne en Italie) par des Ateliers de réinsertion, Ovetto est un produit à la fois esthétique et écologique.

Exit les sacs poubelles qui trainent aux quatre coins de la maison, Ovetto fait le tri en trois compartiments différents de 30 litres : ils sont reconnaissables par une pastille de couleur et par deux accès pour l’entrée et la sortie des déchets. Poubelle véritablement écolo, son emballage plastique est recyclable à 40%. Au sommet de l’œuf, le compresseur de bouteille promet de maximiser la place.

Réduire les déchets ménagers

Le volume des déchets demeure un souci majeur. Loofen promet d’y répondre. Cet appareil venu de Corée du Sud fait perdre jusqu’à 90% du volume des déchets alimentaires (fruits, légumes, viandes, poissons, etc.) grâce à un système de déshydratation. Sur une durée maximum de 19 heures, les déchets obtiennent une taille optimum. Le produit, bien pensé, est muni d’un système de double filtre, qui évite les odeurs ainsi que la multiplication bactériologique.

Intéressant d’un point de vue sanitaire, l’appareil permet aussi de faire des économies pour les ménages déjà concernés par la « tarification incitative » : elle est appliquée dans une trentaine de collectivités en France et entraîne une facture proportionnelle au poids des déchets. Le principe consiste à faire payer à l’usager trois euros lors du passage du camion-benne, auxquels s’ajoutent 24 centimes par kilo. Un pari risqué ? Dans les collectivités l’ayant imposée, le tonnage par habitant a baissé en moyenne de 50%. Seule incertitude : comment savoir et garantir que quelqu’un n’a pas vidé ses ordures dans votre poubelle !  Avec Loofen, la facture liée à la collecte s’allège pour les consommateurs et pour les collectivités, tout comme le CO2 généré par leur transport.

Et les communes ?

Limiter le volume des ordures ménagères oui, mais également leur ramassage. Le compacteur à énergie solaire a fait ses preuves aux Etats-Unis (Philadelphie et Boston) et en Europe (Suisse, Allemagne, Autriche et France, Lyon et Cannes étant les villes pilotes). Grâce à l’énergie captée par ses panneaux photovoltaïques, il peut compacter un volume de déchets pouvant atteindre plus de 10 fois celui d’une corbeille de 60 litres. Ingénieuse, la poubelle ne s’arrête pas là. Elle est munie d’une puce électronique qui prévient la mairie par SMS lorsque le bac est plein. Un système efficace qui évite le ramassage automatique de poubelles à moitié vides.

Emballage : les bons ingrédients


Pour rendre les containers plus écolo, les bacs à canne à sucre carburent. Un exemple ? Greenmade. Entièrement conçu à partir de plastique végétal, ce container est fabriqué à Langres (en Haute Marne) et a été testé dans la commune du Vauréal (Val d’Oise) qui en a équipé chacun de ses bâtiments publics. L’éthanol de la canne à sucre, transformé ensuite en éthylène, réduit de 75 à 143% les émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, le modèle n’est pas une panacée : les plantations de canne à sucre, en tant que monoculture, diminuent la biodiversité et les droits des travailleurs des sucreries, souvent recrutés illégalement par les industries du Brésil, de Bolivie ou du Nicaragua, sont majoritairement ignorés. Travaillant sans protection, près de 450 travailleurs sont morts selon le Ministère du Travail brésilien pour le seul état de Sao Paulo, suite aux brûlures, à l’asphyxie ou aux cancers.

Si la course aux innovations dans le développement durable est bien lancée, il y’a encore un monde entre produits renouvelables, bien-être humain et respect de l’environnement. Repenser sa manière de consommer et de jeter est un progrès évident qui nécessite cependant d’être considéré dans sa globalité.

 

 

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