Quand les déchets du BTP font peau neuve

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». C’est à partir de cette maxime bien connue de Lavoisier que la société française Yprema s’est lancée dans le recyclage des déchets de déconstruction pour construire de nouvelles routes, entre autres.

©dijonecolo.blogsppot.com

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Chaque année, les déchets du BTP représentent 250 millions de tonnes. Dont une grande partie que l’on appelle « déchets inertes», c’est-à-dire, non dangereux, que l’on peut réutiliser. Mais seulement 60 millions de tonnes, c’est-à-dire environ 30% de ces déchets sont triés et répartis en plusieurs catégories : bétons, couches de chaussées et terres. Ils sont ensuite récupérés par des sociétés comme Yprema qui les transforme en produits et les revend à des entreprises de travaux publics pour la construction de routes, de trottoirs, de cours d’écoles. On ne le sait pas mais cela fait déjà 20 ans que l’on sait recycler les déchets du BTP : en Ile-de-France, 30% de déchets qui viennent de la destruction d’immeubles, de maison, de bâtiments municipaux, sont recyclés.

L’objectif au niveau européen est de parvenir à 70% d’ici 2020. Aujourd’hui, on trouve 200 plateformes de recyclage en France. L’UE nous encourage vivement à en développer de nouvelles pour arriver à 600 d’ici 2020.

Comment ça marche ?

C’est simple, la société récupère les déchets triés des chantiers en ville pour les passer dans un concasseur ; une sorte de machine à laver géante. Il en ressort des moyens et des petits morceaux qui sont ensuite passés sur un crible, comme un tamis. Là encore, il en ressort des tailles de granulat différentes que la société revend à des boîtes privées ou aux municipalités et qui sont alors utilisés pour  fabriquer des nationales, des dos d’âne, des parkings, des sous-couches de routes. 

Tout bénef’©carlenckel.com

Le volume des décharges, qui sont généralement ultra polluantes, diminue. Cela évite aux entreprises et aux villes de se fournir dans les carrières où les matériaux sont généralement très chers ou alors de parcourir de très longues distances pour accéder aux ressources naturelles qui sont de plus en plus rares. Pour résumer, c’est économique, écologique et en plus, ça va dans le sens de la préservation des ressources.

Cette chronique « Environnement » a été diffusée lundi 15 avril 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet.

 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.