Biodiversité :

Protéger les espèces en danger, c’est aussi protéger l’Humanité

C’est parfois dur de croire que les moustiques ont une quelconque utilité, surtout quand on a le malheur de laisser la fenêtre entrouverte et la lumière allumée… Pourtant, l’apport écologique des êtres vivants est infini. Tous ont une utilité définie et un rôle à jouer sur Terre… Oui oui, même les moustiques ! Malheureusement, la pollution et les gestes malheureux ou mal intentionnés constituent des menaces réelles pour certains animaux en réalité plus utiles  qu’on ne l’imagine. Quelques exemples pour vous convaincre.

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Les vautours

Des chercheurs de l’Université d’Utah, aux Etats-Unis, ont dévoilé des résultats inquiétants quant à la situation de ces charognards et à sa possible évolution. Ils représentent en effet le groupe d’oiseaux le plus menacé de la planète ! Leur ruine ? L’activité humaine, tout simplement. En 2004, 95% de la population de trois espèces indiennes ont disparu à cause d’un médicament humain et vétériaine, le diclofénac. Les charognards s’étaient nourris de carcasses de bétail laissées à l’abandon qui avaient été traitées avec cet anti-inflammatoire.

En 2015, des braconniers ont pris conscience des propriétés mortifères de ce médicament et en ont délibérément badigeonné des carcasses afin d’éviter que leurs méfaits ne soient signalés par un attroupement de vautours.

Pourquoi lutter pour la survie des vautours ? Ces nécrophages sauvages, qui ne rentrent que très rarement en contact avec l’humain, endiguent la propagation de potentielles maladies mortelles parmi les populations humaines. La prolifération d’autres nécrophages plus proches de nous comme les chiens errants pourrait nous être très nocive.

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Les plus grands mammifères carnivores, de la famille des canidés ou des félidés

Ils sont en train de disparaître, alors que le magazine Science, une revue scientifique américaine à renommée internationale, a publié il y a deux ans à peine l’étude la plus complète à ce jour traitant de l’importance écologique de ces grands mammifères. Le défrichement des espaces naturels, la chasse ou la raréfaction des proies leur sont fatals.

Leur « job » au sein de l’écosystème ? Entre autres, réguler l’évolution des espèces qu’ils chassent en ne sélectionnant majoritairement que des individus malades ou trop faibles, qui auraient affaibli leur matériel génétique. Paradoxalement, ils contribuent en fait… A fortifier leurs proies ! Ils limitent aussi la consommation des végétaux stockant le carbone en consommant les herbivores qui s’en nourrissent et diminuent la compétition entre le bétail et les herbivores sauvages pour s’alimenter. Même d’un point de vue économique, les grands carnivores sont extrêmement utiles ! Nombreux sont les photographes qui partent à la recherche des loups, et on ne compte plus les touristes qui cherchent à s’approcher au plus près (respectueusement, il va de soi) des hyènes ou des lions.

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Les chauve-souris

Mal-aimées, elles sont pourtant indispensables à l’Homme. Bien que protégées en France par un arrêt ministériel datant du 17 avril 1981, l’isolation de nos maisons et nos pesticides leur nuisent fortement. Heureusement, les chiroptérologues – les passionnés qui s’intéressent à ces uniques petites bêtes –  veillent au grain et s’activent pour sauver cet animal fascinant.

Qu’est-ce que les chiroptérologues peuvent bien leur trouver ? En plus d’être des insecticides naturels, les chauve-souris possèdent un système d’ultrasons qui leur permet de s’orienter dans le noir et qui pourrait servir aux scientifiques pour améliorer la vie des aveugles. Atout de taille, elles pourraient même nous sauver du virus Zika, puisqu’elles peuvent manger jusqu’à 4000 moustiques tigres – qui peuvent en être porteurs – par jour !

Ce ne sont que trois exemples, mais les bêtes à poils et à plumes dont la présence est essentielle à l’Humanité sont encore bien nombreuses ! On pourrait citer les cervidés, qui nettoient la forêt et donne de la place aux arbres pour se développer en se nourrissant des pousses d’arbres, ou les oiseaux, dont les plumes tombées au sol permettent à la terre de se gorger de sels minéraux… Et que dire des hérissons, ces petites bêtes qu’on chasse à tort de nos jardins ? Après tout, ils limitent l’augmentation de la population de serpents ! Bien sûr, la simple sauvegarde de la biodiversité, sans même qu’elle soit directement bénéfique pour les humains, devrait dans l’idéal être une priorité. Pour revenir aux insectes, avant de les chasser d’un revers de main, pensez qu’ils permettent aux fleurs de se reproduire en les pollinisant. Le joli bouquet qui trône dans votre salon n’existerait sûrement pas sans eux !

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Marion Lefevre

Etudiante en sciences politiques et désirant faire du journalisme son métier. Jusqu'ici assez peu informée en terme d'écologie, c'est au contact de quelques amis vegan et végétariens que j'ai commencé à m'intéresser aux problématiques environnementales. J'étudierai l'année prochaine au sein d'une université montréalaise, où j'espère bien pouvoir en apprendre davantage sur l'écologie sauce québécoise !