Prince de Bretagne fête ses 40 printemps

La Bretagne : son caramel au beurre salé, ses Fest-Noz et…ses légumes ! Dans cette région de l’agriculture intensive, il existe cependant des initiatives responsables comme Prince de Bretagne, qui prône l’agriculture raisonnée. 2 500 agriculteurs ont rejoint la marque leader de légumes frais en Europe. Immersion en plein cœur du Finistère, berceau de la marque, en compagnie des producteurs. Des rencontres riches en saveurs.

7h30, marché au cadran de St-Pol de Léon (29). Des expéditeurs prennent des notes, pendus au téléphone avec leurs clients, les yeux rivés sur le cadran. Ils sont les futurs acheteurs des légumes Prince de Bretagne, marque collective créée en 1970 qui regroupe des producteurs de coopératives agricoles bretonnes. En font partie la Sica de St Pol (29), UCPT (22) et Terre de St Malo (35) regroupées au sein du CERAFEL, Association d’Organisations de Producteurs.

En effet, les légumes de la marque Prince de Bretagne sont proposés chaque matin sur ces marchés particuliers. Ce sont des expéditeurs-négociants qui achètent ces produits et les revendent à l’ensemble des circuits de distribution en Europe. Certains expéditeurs conservent la marque Prince de Bretagne, certains vendent les produits en l’état, d’autres les reconditionnent ou les retravaillent. L’avantage est de pouvoir vendre rapidement, plusieurs milliers de tonnes de produits frais. Le marché au cadran permet de lier le prix de vente à la météo qui conditionne la récolte, mais aussi à la demande. Il s’agit d’une vente aux enchères inversée, le prix de départ est fixé par le vendeur. Il diminue au fur et à mesure que le temps s’écoule jusqu’à ce qu’un expéditeur déclenche l’achat.

 

Des producteurs fiers d’être bretons !

Les producteurs Prince de Bretagne déterminent les orientations par légume cultivé (gestion des marchés, cahiers des charges) dans le cadre légal du CERAFEL, mais sur le terrain chaque producteur est responsable des variétés cultivées, des périodes de récoltes, etc. Aussi, les organisations de producteurs assurent la mise sur le marché des légumes produits par leurs adhérents. Elles ont mis en place un réseau de stations d’agréage et de conditionnement. C’est ainsi que 600 000 tonnes de légumes frais sont mis chaque année sur les marchés européens ! Tous les légumes Prince de Bretagne bénéficient des mêmes règles : origine Bretagne, naturalité, qualité et sécurité alimentaire. Ses légumes sont cueillis, chaque matin, à la main et expédiés dès la sortie du champ.

Du Conquet (à la pointe du Finistère) à Saint-Malo, sur une bande de terre de 10 km de large longeant la Manche, 2500 agriculteurs vivent de la culture des légumes Prince de Bretagne. En témoigne François Rozec, Président de la section chou-fleur à la Sica st-Pol.


[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/06/temoignage-de-Francois-Rozec.mp3|titles=temoignage de Francois Rozec]

46 espèces de légumes, de la tomate à l’échalote en passant par le chou-fleur, l’artichaut ou le haricot Coco de Paimpol sont récoltées au moment de la maturité naturelle des légumes. Les superficies exploitées sont de taille modeste (par exemple, 14 ha en moyenne pour le chou-fleur soit 6 fois moins que les producteurs espagnols ou italiens). Prince de Bretagne produit uniquement sur la côte nord de la Bretagne, quels que soient les aléas climatiques et ne fait jamais appel à d’autres zones d’approvisionnement. Les producteurs ne pratiquent pas tous l’agriculture biologique, mais ils respectent les lois de l’agriculture raisonnée. Joseph Rousseau, Président du CERAFEL nous en explique le fonctionnement.

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/06/1-quelle-est-lagriculture-raisonnee-de-Prince-de-Bretagne.mp3|titles=Quelle est l’agriculture raisonnee de Prince de Bretagne]

Des ruches de bourdons ont été mises en place, ainsi, les insectes fécondent les fleurs avec le pollen transporté. Seuls des antifongiques sont utilisés, mais pas de pesticide. Sinon, les bourdons ne seraient plus très actifs !

Joseph Rousseau souligne l’intérêt de l’amélioration des pratiques culturales


[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/06/2-amelioration-des-pratiques-culturales.mp3|titles=Amelioration des pratiques culturales]

L’agréage et le conditionnement : des étapes essentielles !

L’agréage consiste à vérifier la bonne adéquation entre le produit livré par le producteur et le cahier des charges dont il dépend. Prince de Bretagne ne possède pas de frigo de stockage, où le produit peut être conservé pendant plusieurs semaines. Livrés en 24 ou 48h, ils arrivent frais dans les magasins pour le consommateur. Chacun des légumes se décline sous différentes présentations (vrac, unité de vente consommateur…) et différents calibres. Les colis sortant du champ sont identifiés (ticket numéroté ou code barre), afin s’assurer la traçabilité. On peut ainsi remonter jusqu’à l’origine de la parcelle d’où sont issus les légumes et connaitre la date de ramassage. Depuis 2008, Prince de Bretagne a réduit l’encombrement du chou-fleur et la hauteur des colis, en laissant deux couronnes de feuilles supplémentaires au champ. La marque a ainsi réduit ainsi le coût logistique de 38% par camion, soit 50% d’émission de CO2 en moins.

Le CATE

Les producteurs de Prince de Bretagne ont mis en place un environnement technique et scientifique qui leur permet d’innover (créations variétales), de produire (graines et plants), d’expérimenter (stations d’essais). Le CATE (comité d’action technique et économique) à Saint-Pol-de-Léon est une ferme expérimentale où sont testées les nouvelles variétés de légumes. Il conseille les agriculteurs en matière de production, de lutte biologique ou de fertilisation raisonnée. Les ingénieurs travaillent sur des cultures hors sols, ce qui permet de bien maitriser l’apport nutritifs des plantes. Ces solutions nutritives sont ensuite recyclées. Depuis quelques temps, ils travaillent également sur la réduction d’apport en azote et en nitrates. Un exemple : le CATE mesure le besoin en azote des choux-fleurs. Il est en effet très important que ces légumes pompent cet élément car ils l’empêchent de s’infiltrer dans les nappes phréatiques, ce qui rendrait l’eau non potable. Le CATE informe dont le producteur sur les besoins de sa culture grâce à des prélèvements. Le CATE teste aussi des techniques de réduction du coût de l’énergie pour les cultures sous abris (écrans thermiques, pompes à chaleur, déshumidificateur…).

Alain Gullou, ingénieur et responsable des expérimentations des légumes sous serre, nous fait part de la réduction d’énergie au sein du CATE.

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Une gamme bio

Certains légumes Prince de Bretagne sont également cultivés en bio, ce qui représente 10 000 tonnes par an soit 1,6 % seulement de la production totale. Ces légumes issus de la filière biologique sont certifiés AB. Prince de Bretagne ne force pas ses producteurs à délaisser l’agriculture conventionnelle pour le bio. Seuls 40 producteurs se sont reconvertis. Pour Pierre Gelebart, chef de produit de la gamme bio « la production bio est mécaniquement compliquée, le coût de production est plus cher, ainsi que la main d’œuvre. Cependant, il est intéressant de voir qu’on récupère des techniques du bio pour améliorer la production conventionnelle. »

Prince de Bretagne deviendra-t-il totalement bio ? Joseph Rousseau répond.

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/06/3-vers-une-agriculture-totalement-bio.mp3|titles=Vers une agriculture totalement bio]


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