COP21 :

Première étape franchie, encore du pain sur la planche !

La première semaine de la COP s’achève sur un double constat : une étape importante a été franchie grâce au texte de 48 pages préfigurant l’accord universel de Paris qui devrait être adopté le 11 décembre pour limiter le réchauffement mais il y a encore du pain sur la planche.

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La négociatrice française Laurence Tubiana a été claire : « une nouvelle base de négociations a été acceptée par tous mais des questions majeures restent à trancher ». Plusieurs points essentiels restent à confirmer :

  • La mention de l’objectif d’une limitation de l’augmentation de la température de 1,5°C à 2°C doit encore être précisée ;
  • La question cruciale des financements post-2020 (année de la mise en vigueur de l’accord) : les 100 milliards de dollars qui doivent permettre aux pays développés de financer l’adaptation au dérèglement climatique des pays en développement ;
  • L’objectif de long terme visant 100% d’énergies renouvelables en 2050 (donc avec une sortie des énergies fossiles) ;
  • Le mécanisme de révision (à la hausse) des engagements de réductions de gaz à effet de serre tous les 5 ans est prévu dans les cinq qui suivront la mise en œuvre de l’accord, soit en 2024. Mais Il est envisagé « une session de dialogue » en 2018-2019, pour faire le point sur la « trajectoire » en termes d’émissions et de réchauffement selon les engagements et les actions des pays ;
  • L’intégration des droits humains et de l’égalité de genre n’apparait encore qu’entre parenthèses.

Rien n’est donc vraiment tranché sur le fond, ce qui sera le rôle des ministres à partir de lundi, des compromis ont été adoptés dans les dernières 24 heures. Ainsi, des mesures concrètes sont proposées sur la question des « pertes et dommages » subis par les pays les plus vulnérables et qui était l’objet de fortes divisions entre nord et sud.

Pour les ONG comme Care (qui lutte contre la pauvreté), « le texte contient encore de trop nombreuses options qui ne sont pas assez ambitieuses pour sauver les plus vulnérables, tels que les îles menacées par la montée des eaux ou les régions sahéliennes affectées par les impacts du Mandelachangement climatique ». La Fondation Nicolas Hulot juge que les négociations « avancent clairement, même si c’est difficile ». Greenpeace pense que « tout est encore possible, le meilleur comme le pire ».

Signe d’une atmosphère détendue, la présidente du groupe des pays en développement (G77&Chine), la déléguée sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko a rappelé ce que disait Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible jusqu’à ce que cela soit fait ! » (It always looks impossible unitil it’s done).

Enfin, en marge de la COP proprement dite, la « Journée de l’action » (Action Day) a réuni sur le site onusien des dizaines de personnalités du monde entier impliquées dans la lutte contre le changement climatique. Après Leonardo DiCaprio et Robert Redford, Sean Penn est venu témoigner à son tour de son engagement. Une Journée de l’action clôturée par le président Hollande et l’ancien vice-président américain Al Gore.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.