Nouvelle attaque à la Réunion : faut-il tuer les requins ?

flickr-1083822500-hdLa mort de Sarah, une adolescente de 15 ans tuée lundi par un requin sur la côte ouest de l’île de la Réunion, a choquée. « Les conditions de l’attaque sont exceptionnelles », a affirmé Gina Hoarau, directrice de la sécurité publique. Cette nouvelle attaque ravive un délicat débat : faut-il chasser ces squales ? Zoom sur un dilemme.

 

Aileron_de_requin« C’est la première fois que l’on a une attaque sur un baigneur à trois mètres du bord« , explique Gina Hoarau, les précédentes victimes étant des surfeurs. Un propos à nuancer cependant. Selon les chiffres du Monde, appuyés par The Florida Program for Shark Research (FPSR), il ne s’agit pas de la première attaque mortelle impliquant un nageur sur l’île.

Le drame s’est produit à 14h30 heure locale, alors que l’adolescente appréciait un bain de mer, là où la baignade n’est pas surveillée. La jeune fille, originaire de Bressuire (Deux-Sèvres), en vacances sur l’île, profitait du club nautique de son père. Pour « accompagner les proches de la victime« , une cellule médico-psychologique a été créée.

Ce nouveau drame divise : tuer ou protéger les requins, telle est la question

1024px-Bull2Question apparemment élucidée assez rapidement par le préfet, Jean-Luc Marx, qui a immédiatement donné l’autorisation aux pêcheurs de chasser la bête à l’origine du massacre. Cette attaque est la cinquième survenue en deux ans sur l’île et la deuxième depuis la mort d’un français de 36 ans en mai dernier, qui avait succombé des suites de morsures. Suite à l’accident, Thierry Robert, le député-maire de Saint-Leu, légalisait la pêche aux requins. Pire, une récompense était promise si la prise se faisait dans la commune.

Suspendu le 7 juin dernier, l’arrêté n’a pas résisté aux revendications de trois associations écologistes pour la préservation du grand prédateur marin. Les intérêts divisent : les surfeurs, eux, n’y trouvent pas leur compte. Un partout, balle au centre : une pose de drumlines – installations destinées à la pêche pouvant piéger les requins – devrait être installée prochainement dans la baie de Saint-Paul.

1024px-White_sharkDidier Derand, délégué de la fondation Bardot à la Réunion, brave le danger pour prouver que les requins ne doivent pas être chassés. L’homme se baigne intentionnellement dans des zones à risques. Selon lui : « Le problème vient des surfeurs qui n’organisent pas leur sécurité personnelle. » « Il n’y a pas de raison qu’on aille massacrer des requins simplement parce qu’il y a des gens qui veulent prendre leur pied dans la mer. On ne va pas vider la mer pour ça« , s’insurge Didier Derand.

Des propos qui sonnent familiers. La sénatrice UMP de la Réunion, Jacqueline Farreyrol avait évoqué, suite à l’attaque de mai dernier, « l’imprudence fatale » de la victime. Argument souvent invoqué par les défenseurs des squales (écologistes et scientifiques). Le manque de précaution des surfeurs et des baigneurs est un réel problème. L’homme qui est décédé, lors de sa lune de miel en mai dernier, n’avait pas pris en compte le drapeau « orange requins » dressé et l’annulation de la sécurisation des sessions de surf libre. Plusieurs surfeurs auraient également tenté de mettre le touriste en garde sur les risques qu’il encourait… sans succès.

La polémique entre scientifiques et écologistes d’un côté, et les surfeurs de l’autre, sur les moyens de sécuriser la baignade et les sports nautiques, ne date pas d’hier. « Pour étudier les requins, il ne faut pas les tuer », expliquait alors Marc Soria, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Certains requins ont été équipés de puces électroniques, dans le but de définir leurs habitudes et ainsi mieux appréhender leur venue.

Écoutez notre rencontre avec Bernard Séret, biologiste marin, spécialiste des requins à l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement dans Requins à la Réunion : pourquoi attaquent-ils ?

A lire page 2 : 100 millions de morts chaque année, le finning et le bouc-émissaire !

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.