Pour préserver nos océans, halte aux Gigantic

Profitant des commémorations des 100 ans du naufrage du Titanic, Robin des Bois,  une association de protection de l’Homme et de l’environnement particulièrement impliquée dans le domaine de la sécurité maritime, s’indigne contre la prolifération de grands bateaux. Un risque majeur en matière de sécurité des passagers, d’échouages mais aussi d’environnement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

97 paquebots de plus de 2.500 passagers naviguent aujourd’hui dans le monde, la plupart sous pavillons de complaisance Bahamas, Panama, Bermudes et Malte. L’Oasis of the Seas et l’Allure of the Seas de Royal Caribbean Cruises peuvent embarquer jusqu’à 8.460 passagers et membres d’équipage. (…) La tendance au gigantisme se confirme.

Face à cette démesure, les règles de l’Organisation Maritime Internationale sont inadaptées. Réticente à limiter la taille des navires, elle se rassure désormais en prétendant que ces Gigantic sont en eux-mêmes les meilleures embarcations de sauvetage.

Les armateurs restent évasifs lorsqu’il s’agit de préciser la faisabilité d’évacuer plusieurs milliers de personnes sur des embarcations de sauvetage dont la capacité unitaire va jusqu’à 370 naufragés. Dans la pratique c’est difficile, voire impossible dans certains cas : le navire a de la gîte, il fait nuit, le quart des passagers a plus de 75 ans et il y a beaucoup d’enfants à bord. Certains officiers et experts estiment que l’évacuation des Gigantic par mer forte est simplement irréalisable.

Et les Gigantic polluent les océans et les ports. Un navire de croisière avec à son bord 3.000 passagers et membres d’équipage produit en une semaine environ 800.000 litres d’eaux noires provenant des toilettes, 4 millions de litres d’eaux grises provenant des douches, éviers et laveries, 90.000 litres d’eaux de cale chargées d’hydrocarbures, plus de 800 litres de déchets dangereux liquides, 40 tonnes de déchets solides non dangereux et 1 à 2 tonnes de déchets solides dangereux.
Les bouteilles et autres emballages en plastique ont tendance à atterrir dans les ports d’escale des pays où la réglementation est la plus faible.
Ces barres d’immeubles flottants défigurent les paysages maritimes et les villes historiques.

En conséquence et constatant qu’il n’y a aucune volonté de limiter la course au gigantisme chez les armateurs ou au sein de l’OMI, Robin des Bois invite les consommateurs de croisière à boycotter les Gigantic.

 

Delphine Rabasté, avec Robin des Bois.

 

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone