Pollution : la circulation alternée, ça marche !

800px-Péripherique_Porte_de_le_MuettePour la deuxième fois, la France teste la circulation alternée des véhicules ce lundi 17 mars à Paris – une mesure dont on sait qu’elle peut réduire la pollution d’environ 20%, à condition qu’elle soit bien appliquée.

Et même si la mesure décidée par le Premier ministre n’a guère été anticipée, les premiers résultats sont encourageants malgré la gêne occasionnée : deux à trois fois moins de bouchons en Île-de-France et … moins de 5000 contraventions (22 euros) pour non respect de l’alternance, ce qui est peu au regard du million de voitures qui circulent tous les jours autour et dans la capitale. Ce qui est certain, c’est qu’on respirait mieux ce lundi à Paris, comme en témoignaient les habitants.

Voitures impaires lundi, voitures paires mardi et ainsi de suite si les alertes à la pollution persistent mais la qualité de l’air devrait s’améliorer mardi. Au début de l’année, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, avait jugé impossible la mise en place de cette mesure tant que le Conseil d’Etat n’aurait pas approuvé un décret élargissant la circulation alternée (prévue par la loi sur l’Air de 1996) à tous les polluants, dont les particules fines. Mais le Premier ministre en a décidé autrement devant la gravité de la situation. Depuis près de deux semaines, les alertes à la pollution se succèdent en effet dans de nombreuses villes françaises, en particulier Paris et Lyon, le long de la vallée du Rhône et dans le Sud Ouest.

A quand les vignettes rouge, orange et verte ?

En décembre dernier, le Commissariat général à l’environnement et au développement durable (CGEDD) du ministère de l’Ecologie avait publié un rapport de mission proposant d’instaurer des vignettes (rouge, orange et verte) permettant d’identifier les véhicules selon leur impact sur la qualité de l’air et de réglementer ainsi la circulation en interdisant l’accès à un ou plusieurs type de véhicules dans des zones délimitées.

Selon le même rapport, le dispositif était applicable dès 2014, les 38 millions de voitures du parc français étant déjà classées en cinq catégories en fonction de leurs émissions polluantes depuis mai 2012. La mission proposait un Plan national définissant les trois catégories de véhicules (20% dans le rouge, 18% dans l’orange et 62% dans le vert), les couleurs étant affichées sur la vignette de l’assurance. Ce système, simple à mettre en place et peu coûteux, a été adopté dans plusieurs villes allemandes, dont Berlin et Hambourg. Un dispositif de badges électroniques compléterait la vignette couleur dans un second temps.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.