Bientôt une usine d’huile de palme en France ?

A Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, des investisseurs hollandais et malaisiens sont en négociation avec le Conseil régional du Languedoc-Roussillon, propriétaire du port, pour ouvrir la première usine spécialisée dans l’importation, le stockage et le traitement de d’huile de palme en France.  Le but ? Alimenter, entre autres, le  marché émergent des agrocarburants en Europe. Or, la production de l’huile de palme, en pleine expansion, est l’un des principaux moteurs de la déforestation en Asie du Sud-est.

Ce projet est porté par deux investisseurs : le groupe hollandais Vopack, un acteur-clé du développement des agrocarburants en Europe, et le groupe malaisien Sime Darby, l’un des principaux  producteurs d’huile de palme au monde. Il est révélateur d’un phénomène amorcé depuis plusieurs années comme l’explique Christian Berdot référent sur l’agriculture au sein des Amis de la Terre France : « Jusqu’à présent l’essentiel des importations d’huile de palme passait par les ports de l’Europe du Nord mais avec le  développement des agrocarburants, la donne est en train de changer et les entreprises cherchent à investir sur la façade  méditerranéenne pour être connectées plus facilement avec l’Asie. »

La région Languedoc-Roussillon insiste, elle, sur la création d’emplois. Robert Navarro, son premier vice-président, a ainsi affirmé dans la Gazette de Montpellier en novembre dernier : « Le premier coup de fil que j’ai passé depuis mercredi où j’ai été nommé premier vice-président, c’est pour rassurer le hollandais Wopack et le malaisien Unimils qui vont investir quelque 120 millions d’euros sur Port-la-Nouvelle dans l’Aude, dans une usine clé en main de fabrication d’huile de palme. La Région, leur ai-je dit, tiendra tous ses engagements, à travers une convention de quarante ans. »

Pour  la Chambre de Commerce et d’Industrie de Narbonne, il n’y a  pas de  problème puisque l’huile de palme sera certifiée : Sime Darby est en effet l’un des membres fondateurs de la Table ronde pour l’huile de palme durable. Le hic ? Cette certification est extrêmement controversée comme l’explique  Sylvain  Angerand, chargé de campagne Forêts aux  Amis  de la Terre : « De nombreuses entreprises impliquées dans la déforestation sont membres de la Table ronde l’huile de palme durable et ont fait pression pour affaiblir les critères : il  est,  par exemple, possible de raser des forêts si celles-ci ne représentent pas un intérêt majeur pour la conservation, ou d’utiliser dans les plantations un pesticide neurotoxique, le  paraquat, interdit en Europe ».

Pour en savoir plus : L’huile de palme sur le grille, p 52 et 53 de NEOPLANETE 15

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