Biodiversité :

Les xylophages, protecteurs des forêts

Ne ramassez plus le bois mort ! C’est la maison des xylophages ; ces petits insectes qui protègent nos forêts des incendies.

Coléoptère - Crédit : Francok35 - Pixabay
Coléoptère – Crédit : Francok35 – Pixabay

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Chaque année, plus de 60 000 feux de forêt se déclarent en Europe et c’est un véritable problème Yolaine…

En effet… Dans le monde, les incendies touchent 350 millions d’hectares, soit six fois la superficie de la France. Des feux de forêt qui ont doublé en trente ans à cause du dérèglement climatique et des activités humaines (exploitation de l’huile de palme, opérations industrielles, incendies volontaires, etc.). Mais des chercheurs de l’université du Vermont ont fait une découverte très intéressante : les forêts les plus attaquées par les insectes xylophages sont celles qui ont subi les incendies les moins importants.

Quels sont ces insectes ? Et leur rapport avec le feu ?

Les xylophages sont des insectes qui aiment le bois pourri. Ce sont des coléoptères, des fourmis, des mollusques, des champignons : tout un petit monde qui vit et se nourrit dans les écorces des arbres. Tayler Cobb qui est un spécialiste des interactions entre incendies de forêt, l’exploitation de la forêt boréale et les insectes forestiers, a beaucoup étudié la question. Sa conclusion : les excréments de coléoptères pyrophytes augmentent la vie bactérienne du sol et permettent donc à la forêt de se régénérer naturellement. Il a aussi montré que les bois morts protègent ces insectes et que lorsqu’on les ramasse, on tue les œufs ou les larves de ces insectes qui sont des protecteurs de nos forêts. En mangeant les écorces et les feuilles, ils nettoient la forêt et réduisent la quantité de combustibles qui peut alimenter un incendie. Et plus les arbres souffrent de stress hydrique et de manque d’eau, plus ces espèces augmentent. Il faut donc éviter de détruire ces insectes

Comment ?

En ne se précipitant pas après un incendie pour nettoyer, récolter le bois et en évitant la déforestation et l’exploitation des arbres qui sont jeunes. Il faut laisser du bois vieux, pourri, mort pour les aider à survivre. Divers rapports scientifiques et d’ONG comme WWF considèrent ces petits insectes comme des espèces menacés d’extinction, des animaux que nous ne voyons pas car cachés dans le bois en décomposition mais dont le rôle est vital pour la forêt. Les insectes, les champignons et les  lichens forment près de 75 % de la biodiversité d’une forêt naturelle. Heureusement des écolabels forestiers comme le FSC (Forest Stewardship Council) exigent des exploitants de conserver une quantité minimum de bois mort, pour préserver ces communautés xylophages.

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.