Algues marines :

Vous prendrez bien un p’tit ver !

L’algue verte vit dans le ver. Le ver, lui, vit grâce à l’algue. Complexe ? En réalité il s’agit d’un processus très malin de la photo-symbiose dont les caractéristiques observées par les chercheurs pourraient être très utiles pour l’homme

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Yolaine de la Bigne reprend sa place derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 ! 

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Les algues vertes sont un fléau de la pollution agricole qui pénalise notamment la Bretagne mais elles pourraient aussi être une matière très intéressante pour la planète…

On voit à marée basse sur les côtes bretonnes, une algue d’une jolie couleur vert bouteille mais si on observe de plus près en fait il s’agit de milliers de minuscules vers marins qui se tortillent. Des vers aux multiples propriétés qui sont étudiés par Xavier Bailly, chercheur et coresponsable de l’aquarium de la Station biologique de Roscoff dans le Finistère, un laboratoire du CNRS où l’on étudie notamment les impacts du réchauffement climatique sur la faune et la flore marine mais aussi les mécanismes de défenses des algues pour en tirer des avantages pour l’homme.

Qu’est-ce que ces vers minuscules pourraient apporter comme solution pour aider les hommes et la planète ?

Ce ver qui se prénomme Symsagittifera roscoffensis (à vos souhaits) a un petit surnom plus sympa le « ver plat de Roscoff » et il a une sacrée personnalité car il ne fait rien comme les autres vers ! Il adore les algues et vit en symbiose parfaite avec elles. Une de ses particularités les plus intéressantes : ce petit ver transparent ingère la micro algue d’où sa couleur verte mais ne la digère pas et donc, une fois à l’intérieur du ver, l’algue continue de se diviser et de pratiquer la photosynthèse. Mécanisme super malin car le ver ne se nourrit pas de cette algue mais c’est l’algue qui nourrit le ver, en libérant régulièrement des substances organiques. C’est une sorte de partenariat entre une micro algue et un animal. Comme d’ailleurs le corail qui naît lui aussi d’une association entre un animal et une algue.

En quoi ces découvertes sont-elles utiles ?

L’étude de ce ver pourrait nous aider à comprendre la photo-symbiose, ce grand phénomène biologique qui régit les océans, afin, en priorité de trouver un processus pour reconstruire ces kilomètres de coraux qui ont été détruits par le réchauffement climatique et l’activité humaine. Ensuite, ce petit ver a d’autres pouvoirs, par exemple, si vous lui coupez la tête, elle repoussera aussitôt avec toutes ses connections nerveuses. Ce ver pourrait aussi nous aider pour soigner certaines maladies du cerveau et du système nerveux. Dommage que les aristocrates n’aient pas connu le coup de la tête qui repousse à la révolution…

Cette chronique a été diffusée le 28 octobre sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique. 

 

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Bruno Lorenzi

Journaliste / reporter, passionné de musique et d’environnement. Il débute à la télévision en 1993 avant de se consacrer exclusivement au média radio en 2000, à Radio France. Il réalise des documentaires, reportages et magazines et conserve toujours son attachement au métier de journaliste en s’impliquant dans des causes choisies.