Quelle époque éthique !

Vous parlez macho ou français ?

Notre belle langue française qui prône que le « masculin l’emporte sur le féminin » est une langue farouchement phallocratique. Et si l’on tentait de la rendre plus égalitaire ? Dans la pratique cela passe par le langage épicène et l’écriture inclusive.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Wikipedia demande depuis Septembre à ses contributeurs francophones d’utiliser le français égalitaire c’est à dire ?

Le français est une langue farouchement phallocentrique, voilà le problème ! Ça commence à en agacer certains comme l’agence Mot Clés (qui s’est inspirée de travaux existant, dont notamment le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe élaboré par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femme et les hommes) qui a édité un manuel d’écriture inclusive et organisé une dictée avec Audrey Pulvar. Le but : promouvoir un français non sexiste… On se souvient de la fameuse règle que l’on annone sur les bancs de l’école depuis des générations : « le masculin l’emporte sur le féminin ». Cette injonction date du XVIIème siècle, quand Nicolas Beauzée, un éminent grammairien déclara : « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », une affirmation à haute valeur scientifique ! Les exemples sont foisons, par exemple on dira les « acteurs du développement durable » pour désigner les acteurs ET les actrices. Comme si le masculin représentait un genre neutre ; en français doit-on le rappeler le genre neutre n’existe pas : il y a un genre masculin et un genre féminin POINT.

Alors pourquoi privilégier l’un plutôt que l’autre ?

Dans son ouvrage intitulé « Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin », Elianne Viennot, historienne de la langue à l’université de Saint-Etienne explique que « cette masculinisation de la langue (…) a fait partie d’une stratégie essentiellement politique ». Au XVIIème siècle explique-t-elle « les lettrés se sont employés à écarter les femmes des professions intellectuelles et des lieux de pouvoir ». D’où l’envie de faire évoluer les choses. Raphaël Haddad, créateur de l’agence de communication « Mots clés » est l’initiateur du premier manuel d’écriture inclusive.

Et c’est compliqué cette écriture inclusive ?

On n’a pas l’habitude mais c’est très simple : il faut user du féminin ET du masculin, il faut préférer les termes épicènes, c’est-à-dire qui prennent la même forme pour les deux genres : artiste, bénévole, cadre, maire etc. On bannira par exemple l’expression « hommes politiques » pour dire « personnalités politiques ». Et puis, on utilisera les féminins des noms, docteure, auteure, écrivaine. Par contre on évite pompière ou entraîneuse (de football) et vous prononcez correctement le fait que je sois chroniqueuse, merci !

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