Quelle époque éthique !

Voulez-vous des sushis aux hydrocarbures ?

Selon l’association Food Watch International, 60% d’aliments (lentilles, riz, etc) commercialisés en France contiendraient des hydrocarbures. Si les grandes surfaces font des efforts, rien ne vient encore de la part des autorités. A quand les grands remèdes ?

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio : 

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

C’est encore un serpent de mer : les hydrocarbures présents dans nos produits alimentaires, on en parle depuis un an maintenant et pourtant on ne voit pas se profiler de réforme profonde

Selon une étude de l’ONG Foodwatch fin 2015, on retrouverait des huiles minérales issues du pétrole dans de nombreux produits alimentaires : céréales, riz, lentilles etc. Les hydrocarbures en question sont respectivement les MOAH (hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales) qu’on soupçonne être mutagènes, cancérigènes et dangereux sur le plan hormonal, ainsi que les MOSH (hydrocarbures saturés) dont on pense qu’elles ont tendance à s’accumuler dans nos organes puis à les endommager. Et dans le domaine, la France n’apparait pas comme le meilleur des élèves : près de 60% de nos aliments seraient contaminés par les MOSH.

Mais comment ces hydrocarbures peuvent-ils atterrir dans notre nourriture ?

D’après Foodwatch, ces huiles contaminent les aliments tout au long de leur fabrication industrielle.  C’est une remise en cause de tout le processus : les produits utilisés par les machines, la pollution environnementale, l’emballage et le conditionnement. Si l’emballage est la 1ère cause de contamination, toutes les étapes de fabrication et de conditionnement de l’industrie alimentaire sont pointées du doigt et on imagine bien que leur modification coûterait des sommes folles.

Pourtant, malgré les coûts, quelques mesures ont été prises…

Pas vraiment. Cette étude a 1 an et sous la pression des consommateurs, des fabricants et distributeurs comme Leclerc, Lidl, Carrefour, Intermarché et système U se sont engagés à éviter la contamination de leurs produits. C’est déjà un progrès, sauf que rien n’a été mis en place au niveau des autorités. Et franchement, est-ce que l’on doit seulement compter sur la société civile pour nous protéger de problèmes de santé publique ? N’est-ce pas le rôle des politiques de fixer des limites aux taux d’huiles minérales présentes dans nos aliments ? Et d’instaurer des étiquettes claires que le consommateur peut comprendre facilement ? Entendez-vous souvent ce genre de problème évoqué dans les programmes des candidats aux présidentielles ?

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