Quelle époque éthique !

Vote à l’UE : l’eau nous empoisonne-t-elle ?

person-775073_1280Générations Futures dénonce la présence de perturbateurs endocriniens dans l’eau. Une raison de plus pour surveiller ce qui se passe au niveau européen : le texte qui doit être voté aujourd’hui permettra de mieux lutter contre ces particules dangereuses qui nous envahissent.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Des perturbateurs endocriniens, ces produits chimiques qui interfèrent avec le système hormonal des êtres vivants, auraient été détectés dans l’eau en France.

Ils sont déjà omniprésents dans notre quotidien, dans les plastiques, les cosmétiques, l’électronique ou les pesticides ; et alors que l’on détecte plusieurs de ces molécules chez la totalité des femmes enceintes comme l’a montré début décembre une étude nationale de Santé publique France, citée par Le Monde, on les relie désormais à l’augmentation de certains cancers, de l’infertilité, du diabète, ou encore de troubles du développement du cerveau. C’est donc un enjeu de santé public majeur, encore aggravé par le rapport publié le 13 janvier dernier par l’ONG Générations Futures qui relève la présence de pesticides perturbateurs endocriniens dans nos canalisations mais aussi les rivières et les nappes phréatiques. Elle s’appuie sur les données de 3 études gouvernementales et sur des éléments que vous pouvez trouver sur le site de référence endocrinedisruption.org.

Une raison supplémentaire de prendre très au sérieux le texte que propose aujourd’hui au vote, la Commission Européenne afin de définir ces perturbateurs endocriniens.

Car les définir permettrait déjà de mieux les combattre en prenant des mesures réglementaires pour limiter leur impact sur nos santés. Mais cela s’avère très compliqué car ce texte proposé aux votes par la Commission est l’objet de nombreuses critiques de la part des scientifiques, du Parlement Européen, des ONG et de certains États-membres dont la Suède et la France. Ce qu’on lui reproche : d’exiger beaucoup trop de preuves pour retirer les perturbateurs endocriniens du marché. Les lobbyistes ont fait leur boulot ! Par exemple, un paragraphe a été ajouté au texte à la demande de l’Allemagne où siège BASF et Bayer, afin de créer une exception pour une quinzaine de pesticides connus. Fin décembre, la France, via Ségolène Royal, proposait d’adopter un système inspiré de la classification des cancérigènes avec les perturbateurs endocriniens « suspectés », « présumés » et « avérés ». Aujourd’hui, si le vote a lieu, on va savoir si l’Europe privilégie la santé de ces grands groupes pollueurs ou la nôtre.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.