Quelle époque éthique !

Voitures sans conducteurs, qui sera responsable ?

Google_driverless_car_at_intersection.gkLes experts nous les annoncent dans un avenir proche, les voitures et taxis sans conducteur ont pris la route et il n’y a pas de retour possible. L’occasion urgente de s’intéresser à l’intelligence artificielle, aux droits et aux responsabilités nouvelles à mettre en place.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Les voitures sans conducteur ont définitivement pris la route

Il n’y aura pas de marche arrière ! Tous les experts l’annoncent pour bientôt et progrès sont fulgurants : pendant que la « Google car » avale les kilomètres d’essai, des taxis sans conducteur sont déjà proposés à Singapour et d’autres à l’essai au nord de Londres. La société Uber, de son côté, a mis en place, il y a quelques semaines, son premier service de taxis sans chauffeur à Pittsburgh aux États-Unis, avec co-pilote pour l’instant. Car les voitures autonomes ont encore certaines limites. Leurs différents capteurs sont capables de repérer quelqu’un au bord de la route mais pas de déterminer s’il s’agit d’un auto-stoppeur ou d’un policier devant lequel il faudrait s’arrêter. Pas encore, mais gageons que cela viendra très vite. Mais si la technologie est enthousiasmante, elle pose de sérieux problèmes éthiques : par exemple si un véhicule autonome ne peut pas éviter un accident et que le programme doit choisir entre écraser quelqu’un ou sauver son passager, que doit-il faire ? Et, moins dramatiquement, se pose tout simplement la question de la responsabilité. Qui est responsable, de l’usager ou du fabricant, en cas de pépin ? Si l’on veut utiliser l’intelligence artificielle dans nos vies quotidiennes il va falloir très vite se poser ce genre de questions. Et évidemment, cela ne concerne pas que la voiture !

Des initiatives sont mises en place à ce sujet et les politiques s’en emparent aussi…

Effectivement : Elon Musk, le fameux créateur de la Tesla, a lancé l’Open AI, un centre de recherche pour développer des technologies « dans une direction plus à même de bénéficier à l’humanité ». De son côté, l’institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE), une très importante association professionnelle, a mis en place, en avril, un comité d’éthique. L’université de Stanford a lancé aussi un observatoire de l’Intelligence artificielle et les 5 entreprises les plus influentes dans ce domaine viennent de créer un partenariat destiné à instaurer de bonnes pratiques et à régulièrement informer le grand public. Les 5 en question sont Google, Facebook, Microsoft, IBM et Amazon. Côté politique : la Maison Blanche vient de publier un état des lieux des avancées de l’Intelligence artificielle et une série de recommandations. Quant à la Commission européenne, elle avait créé dès janvier 2015, un groupe de travail destiné à réfléchir aux problèmes éthiques et juridiques que pose le développement de la robotique et de l’IA. Le groupe, présidé par Mady Delvaux, eurodéputée socialiste luxembourgeoise, vient de rendre son rapport au parlement. Où il est question aussi de ne pas laisser les robots s’en prendre aux humains !

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.