Quelle époque éthique !

Vivez-vous dans une région corrompue ?

Grâce à l’association Transparency international et à ses bénévoles, il existe dorénavant une carte de France de la corruption pour savoir où, qui, comment, pourquoi et combien. Non on ne traque pas les pourris, on s’informe pour mieux lutter.

Sans titre

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio : 

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Depuis deux ans des bénévoles de l’association Transparency International cartographient les condamnations pour corruption dans notre beau pays ; une base de données unique.

Cette carte collaborative est très intéressante car concrète, elle est alimentée chaque jour par les bénévoles à partir de données fournies par les internautes et par la presse. Tout  est vérifié : date, motif et lieu de la condamnation, montant du préjudice, selon une méthodologie précise mise au point par Transparency. Avec 660 affaires recensées, cette carte dessine le paysage de la corruption en France.

Quelles sont les régions les plus touchées ?

Sans surprise : l’Ile-de-France et la région PACA arrivent en tête mais l’Outre-mer et la Corse détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB. Car Fabien Schwebel, le bénévole de Transparency chargé de la partie technique de l’outil explique dans Le Monde : « un département qui a moins d’activité économique a aussi moins d’occasions de corruption », le PIB est donc un facteur important. Le gros des affaires concerne la prise illégale d’intérêts dans le cadre des marchés publics et le détournement de fonds publics. Transparency précise bien qu’il ne s’agit pas de travailler dans une logique de « tous pourris » mais qu’il faut que les citoyens sachent ce qui se passe dans le domaine de la corruption, sujet particulièrement sensible en ce moment.

Et justement, une agence anti-corruption est en train de se mettre en place dont l’ouverture est prévue au printemps.

Charles Duchaine, le magistrat chargé de ce projet d’agence anti-corruption estime d’ailleurs que la démarche de Transparency va dans le bon sens car pour le moment, seules des statistiques très générales sont publiées par le Ministère de la justice. Grâce à cette carte collaborative, on peut s’informer en quelques clics de ce qui se passe dans sa région et mesurer l’ampleur d’un phénomène dont on n’a pas très envie de savoir qu’il est aussi répandu. Malgré tout, si l’on veut que les mentalités changent cela passe par l’information : mieux savoir permet de mieux lutter. Et de mieux voter ?

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