Quelle époque éthique !

Usine des 1000 veaux : le lait est sur le feu !

veal-1183104_1280La ferme des 1000 veaux dans la Creuse est un des symboles de l’élevage intensif qui s’installe en France. Soutenue par le gouvernement et les lobbyistes de la viande, la ferme-usine est âprement combattue par les associations. Un feuilleton judiciaire.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite :

La ferme usine des 1000 veaux est au cœur de débats houleux depuis l’annonce de sa création

C’est un véritable feuilleton juridique ! La ferme usine des 1000 veaux est un centre d’engraissement géant dans la Creuse contre lequel se battent depuis 2 ans des associations dont plus particulièrement L-PEA. Cette usine est portée par des éleveurs et des acteurs influents de la filière viande (la Fédération Nationale Bovine, la FNSEA et les Chambres d’Agriculture de Creuse et de Corrèze). Son client unique est la SVA Jean Rozé, filiale d’Intermarché qui est également actionnaire de l’Usine. C’est dans ce contexte délicat  que sont intervenus les différents recours en justice menés par L-PEA : enquête préliminaire sur les 4 élus actionnaires de l’Usine pour « prise illégale d’intérêt », procédure pour « excès de pouvoir » à l’encontre de l’ancien maire de St Martial le Vieux qui accueille l’Usine et enfin, le 29 juillet, suspension de l’ouverture de l’Usine. Mais la SAS Alliance Millevaches a contourné cette décision et mi-juillet, les premiers veaux sont arrivés à l’Usine.

Cette affaire à rebondissements s’est encore compliquée lorsque contre toute attente, le gouvernement s’en est mêlé…

Le 6 décembre, un décret signé par Ségolène Royal et par Manuel Valls, autorisait l’usine à exploiter 2 fois plus d’animaux : jusqu’à 800 veaux à l’engraissement et  400 vaches laitières. Sans aucune étude d’impact sur l’environnement, ni enquête publique ni consultation des citoyens, tout en allégeant les contrôles. L’association L-PEA a immédiatement dénoncé ce décret et a pris un coup de colère le 6 Janvier en écoutant François Hollande affirmer que les règles étaient respectées. Une déclaration qui enchante les lobbyistes de la FNSEA à quelques mois des élections. De quoi mettre en colère les associations L214 et Animal Cross qui vont déposer un recours devant le Conseil d’État dans les jours à venir.  Sachant qu’hier, une proposition de loi était débattue à l’Assemblée nationale pour mieux encadrer l’abattage des animaux. Et que si l’installation de caméras de surveillance a été rejetée par la commission des affaires économiques, la proposition va être réintroduite par le député Olivier Falorni. Bref, une affaire très sensible avec des puissants qui ne sont pas soutenus par la population puisque selon un sondage opinion way, 90% des Français sont défavorables aux élevages fermés et concentrationnaires. Bref, mauvaise ambiance enflammée par un incendie criminel dans l’Usine qui n’a pas été revendiqué mais qui est condamné des deux cotés, l’affaire est loin d’être terminée et sent le roussi !

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.