Biodiversité :

Un plan d’action pour sauver les espèces sauvages

Face à la disparition massive des espèces, le conseil européen travaille sur un plan d’action qui pourrait changer le cours des choses. A condition qu’il soit réellement voté et rapidement !

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bois de rose de Madagascar crédit Wikipédia

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

On estime que le trafic d’espèces sauvages rapporte entre 8 et 20 milliards d’euros chaque année. De quoi attirer des criminels comme Daech ce qui met en grand danger la biodiversité. Du coup, la Commission Européenne a mis en place un plan d’action pour lutter contre ce trafic.

C’est une très bonne nouvelle car il faut en effet prendre la situation très au sérieux. Quelques chiffres. Plus de 20 000 éléphants et 1 200 rhinocéros ont été tués en 2014. On a intercepté plus de 4 000 tonnes de bois de rose de Madagascar entre novembre 2013 et avril 2014. Et plus de 6 000 reptiles vivants aux frontières de l’UE entre 2011 et 2014. Bref c’est un véritable pillage qui finance la corruption, le terrorisme et qui appauvrit les pays. Ce plan de lutte de la Commission Européenne comprend 32 mesures qui doivent être menées d’ici à 2020.

Quel est ce plan ? Car le combat semble immense, démesuré même !

Le problème est en effet abyssal mais il y a des pistes de travail. Ce plan suit trois priorités. D’abord, prévenir le trafic en réduisant l’offre et la demande de produits issus d’espèces sauvages. Par exemple, d’ici à la fin 2016, la Commission veut suspendre l’exportation d’objets anciens en ivoire en provenance de l’UE car si les classes moyennes d’Asie arrêtent d’adorer l’ivoire, on pourra sauver les éléphants. Ensuite, mieux lutter contre la criminalité en renforçant la mise en œuvre des règles existantes et la coopération entre les services répressifs compétents tels qu’Europol. Pour l’instant chacun bosse dans son coin ce qui rend les choses plus faciles pour les mafieux. Et le 3ème axe, développer la coopération entre les pays d’origine, de destination et de transit, grâce notamment à un appui financier stratégique de l’UE. Par exemple, fournir des sources de revenus à long terme aux communautés rurales vivant dans les zones où abonde la faune sauvage pour qu’elles n’aient pas besoin de massacrer la nature pour survivre.

Est-ce que ces mesures semblent suffisantes, notamment pour les associations de protection de la nature ?

IFAW (International fund for animal welfare) « salue les mesures proposées » et « une avancée majeure » dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. D’autant qu’il y a toutes sortes de réformes que nous n’avons pas le temps de développer. Par exemple, considérer la criminalité liée aux espèces sauvages comme une infraction grave d’un point de vue juridique, mieux prendre en charge les animaux qu’on récupère en créant des centres d’accueil temporaires, contrôler les frontières mais aussi les élevages, et animaleries pas toujours très regardants… Bref, c’est un plan ambitieux qui va maintenant être présenté aux États membres de l’UE pour approbation. Croisons les doigts ou les griffes plutôt !

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Cette chronique a été diffusée le 17 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Sylvie Nadin

Après un master en sciences de l'atmosphère et de l'océan, Sylvie débute une formation en journalisme. La science doit être accessible à tout le monde et pas qu'aux scientifiques ! Face aux problèmes environnementaux actuels, elle s'engage personnellement dans la voie de l'écologie. Souvent pessimiste, elle croit tout de même qu'un avenir radieux est possible, si on se donne la peine de le construire.