Quelle époque éthique !

Toxicité au travail : une victoire sur les lobbies

Sans titre100 000 cancers professionnels déclarés « évitables » en Europe sont dus à l’exposition de substances toxiques. Une récente enquête du Monde pointait les collusions entre les experts appointés par la Commission Européenne et chargés de mesurer ces toxines et les industriels responsables de leur émission. Ces révélations pourraient amener le Parlement Européen à une vigilance accrue.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Des personnes meurent chaque année en Europe pour avoir été exposées à des substances toxiques dans le cadre professionnel. Où en est-on pour que l’on ne se tue pas au travail ?

Poumons, cavité nasale, prostate… 100 000 cancers professionnels chaque année en Europe pourraient être évités si l’on adapte les conditions de travail en fonction de certaines normes dites « valeurs limites d’exposition » VLEP. Dans l’Union européenne, ces valeurs sont déterminées par le Comité scientifique en matière d’exposition professionnelle. Le SCOEL. Et il va bientôt y avoir une grande réunion afin de remettre en cause les seuils limites de ces substances autorisées. Mais badaboum, le 24 Février, une enquête du Monde dévoilait que la majorité des experts de ce Comité entretiennent des liens professionnels avec les secteurs industriels directement concernés. 3 d’entre eux en particulier directement employés par les groupes BASF (chimie) et Shell (pétrole et gaz). Pire : l’enquête du Monde démontre que c’était en toute connaissance de cause que la Commission Européenne a choisi ces experts.

Et ces révélations ont eu lieu à quelques jours de cette fameuse réunion qui visait à réviser une directive sur la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes

Cette réunion a eu lieu le 28 février dernier pour décider du sort d’une 20taine de substances sympathiques : chlorure de vinyle, chrome, poussières de bois, fibres minérales (des fibres qui ont remplacé l’amiante et posent également question) etc, des substances qui font partie du quotidien d’environ 20 millions d’européens. Il s’agit donc d’un vrai scandale sanitaire et l’excellente enquête du Monde a pointé les égarements de ce Comité scientifique qui ne semble pas gênée par les conflits d’intérêt chez ses experts. Quoi qu’il en soit, est-ce à la suite de cette enquête du Monde ? En attendant, la réunion du 28 février a été plutôt dans le bon sens pour protéger notre santé : de nombreux amendements salvateurs ont été ajoutés à la proposition de texte de la Commission Européenne, concernant la silice cristalline, les poussières de bois ou le chrome. Ce n’est qu’une étape avant l’adoption définitif du texte mais c’est une victoire sur les lobbies industriels. Prochain épisode : en avril 2017, lors d’une session plénière au Parlement Européen. Il faudra encore être vigilant !

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