Quelle époque éthique !

Terres agricoles : la mainmise des gros

Que ce soit au profit de méga exploitations ou de spéculations foncières, les petites entreprises agricoles disparaissent de manière alarmante partout en Europe. En France 20% des exploitations contrôlent à elles seules 61% de la surface agricole utile. Quid de ce que l’on nomme « accaparement » des terres ?

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Le phénomène d’accaparement des terres agricoles s’accélère en Europe au détriment des petites fermes qui ne cessent de disparaitre

C’est le constat alarmant d’un rapport de l’organisation Transnational Institute. Les grandes exploitations (supérieures à 100 ha) ne représentaient en 2013 que 3,1% des fermes européennes alors qu’elles contrôlent aujourd’hui la moitié des terres agricoles d’Europe ! Dans le même temps, les petits agriculteurs ont perdu 1/4 de leurs terres soit une superficie presqu’aussi grande que l’Irlande. En France, les grandes exploitations détiennent 61% de notre surface agricole. C’est encore pire en Allemagne mais ce n’est pas une consolation !

Ces terres agricoles sont aussi achetées par des investisseurs, d’autant que les prix  de vente sont en chute !

Nous y échappons encore mais c’est terrible dans les pays de l’est, Pologne, Hongrie, Bulgarie et Roumanie où de véritables agro-industries raflent tout : bastamag.net nous explique par exemple que la plus grande ferme roumaine (65 000 ha) appartient au groupe libanais Maria Group. Elle dispose même de son propre port pour exporter elle-même sa viande et ses céréales.

C’est un peu flippant, surtout pour nous car la France est un pays traditionnellement de petits agriculteurs. Comment peuvent-ils lutter ?

Le problème français c’est le foncier : plus de 60 000 ha sont transformés chaque année en hypermarchés, stades de foot, immeubles de bureaux et parkings. Officiellement, le gouvernement souhaite diviser par deux cette main mise des terres agricoles d’ici 2020 mais les mesures mises en place ne semblent pas convaincre tout le monde. Pour changer vraiment les choses, le Transnational Institute préconise la mise en place d’un observatoire européen du foncier pour suivre les transactions et investissements à grande échelle. Car sinon nous aurons plein d’hypermarchés mais plus rien à vendre dedans, faute d’agriculteurs !

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