Quelle époque éthique :

La spoliation des terres : bientôt un crime contre l’Humanité

Ravages écologiques, exploitation illicite de ressources naturelles ou de terrains sont dans le collimateur de la cour pénale internationale. Un début de justice pour les paysans spoliés ?
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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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La spoliation de terres va-t-elle être considérée comme un crime contre l’humanité ? Beaucoup le souhaitent.

Notamment, la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI), Fatou Bensouda. Elle a dernièrement averti les hommes d’affaires et les politiciens que son bureau s’intéressera désormais de très près aux crimes impliquant ou entraînant je cite : « des ravages écologiques, l’exploitation illicite de ressources naturelles ou l’expropriation illicite de terrains ». Vous imaginez : le marchand de bois rare qui dévaste une forêt ou le pétrolier qui s’installe dans une réserve, bref une situation banale et bien on pourra lui demander des comptes ! Cette décision a été saluée par les militants des droits de l’homme et les écologistes car c’est un bon moyen pour lutter contre la corruption

C’est ce qu’en anglais on appelle le « land grabbing », ou braquage mondial des terres ?

Exactement. Selon l’ONG Global Witness, ces gens expulsés de chez eux se comptent par millions. Ce sont généralement des populations isolées donc sans moyen de défense. Et au moins trois personnes chaque semaine sont tuées alors qu’elles tentent de défendre leurs terres. Des sociétés minières, agricoles ou autres veulent y installer des champs de culture intensive ou des barrages hydro-électriques, comme ce qui se passe au Cambodge depuis l’an 2000. Les PDG de ces multinationales et les politiciens complices pourraient bien se retrouver jugés à La Haye, en compagnie de criminels de guerre et de dictateurs. La fête est finie, en tout cas c’est pour bientôt !

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.