Zoos :

Sauver les espèces en voie d’extinction, une utopie ?

La réintroduction d’espèces en voie de disparition est délicate, mais les zoos tentent parfois le coup, comme le zoo de Douai, qui a relâché une trentaine d’oiseaux dans leur milieu naturel le 8 octobre dernier.

Ibis chauve, Parc des Oiseaux 2014, Creative Commons.
Ibis chauve, Parc des Oiseaux 2014, Creative Commons.

Yolaine de la Bigne reprend sa place derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 ! 

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Il y a 15 jours au Bioparc, le Zoo de Douai, s’est déroulée une opération importante pour des ibis chauves…

Vous voyez ces oiseaux assez grands, noirs avec un long bec rouge et une espèce de crête de punk ! 30 ibis chauves, nés au Bioparc de Doué-la-Fontaine se sont envolés pour l’Algérie afin de retrouver les terres de leurs grands-parents. Ce genre d’opération de réintroduction en milieu naturel n’est pas une première pour le Bioparc qui avait déjà envoyé en 2007, 74 ibis en Andalousie. Les premiers résultats sont plutôt positifs parce que quelques couples commencent à se reproduire. Cette fois-ci c’est pour l’Algérie, un pays où l’espèce n’existe plus depuis plusieurs années. D’autant plus dommage que là-bas, il est un emblème fort, un symbole de bon augure, de paix et de sérénité.

Et pourquoi les ibis chauves ? Ils sont en voie d’extinction ?

Ils sont carrément classés en « Danger critique d’extinction » par l‘UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Autrefois on en voyait dans le Sud de l’Europe, au Nord de l’Afrique et au Moyen-Orient, mais il a été trop chassé et a trop subi les pressions humaines, habitat etc. C’est important que les zoos qui gagnent de l’argent avec des animaux qui autrefois ont été capturés et qui le sont encore aujourd’hui dans bien des pays, ces zoos puissent aujourd’hui avoir justement un rôle à jouer pour les espèces en danger.

Et beaucoup le font ?

Hélas non car cela coûte très cher et c’est compliqué avec des animaux ayant toujours vécu dans des « cocons protecteurs », incapables de retourner à l’état sauvage ! Sans compter que leur milieu naturel n’a pas forcément retrouvé ses caractéristiques originelles et ne leur permet donc pas toujours d’y revivre convenablement. Prenons l’exemple du furet à pattes noires, un petit animal qui ne pèse pas plus d’1 kg et qui est en voie de disparition : on a calculé que pour le réintroduire, il faut au moins 400 000 dollars par tête ! Aujourd’hui, les animaux réintroduits dans la vie sauvage par des zoos se comptent sur les doigts de la main : le vautour fauve dans les années 80, le bison d’Amérique, le bison d’Europe, le cheval de Przewalski (le dernier cheval sauvage au monde) et c’est quasiment tout ! Espérons que la liste va s’allonger, éléphantstigres blancs… on peut rêver !

Cette chronique a été diffusée le 27 octobre sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.