Quelle époque éthique !

Rhinocéros : raboter leurs cornes pour les sauver

Le marché de la corne de rhino est particulièrement juteux notamment au Vietnam et en Chine où l’on prête des vertus thérapeutiques à la corne. Pour décourager les braconniers, au Zimbabwe comme en Afrique du Sud, on les décorne… Un mal pour un bien ?

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

L’été dernier, une organisation écologiste annonçait le décornage de 700 rhinocéros au Zimbabwé ; une pratique radicale destinée à freiner le braconnage.

Aware Trust Zimbabwe est un groupe de vétérinaires et d’écologistes qui a mis en place cette opération avec les autorités du pays. Même si c’est indolore (on scie les cornes à la base sous anesthésie pour que les animaux restent calmes, les cornes repousseront comme le font les ongles) Il n’empêche que c’est affreux de devoir mutiler des animaux pour les protéger. Comme chez son voisin sud-africain, le rhino est l’animal le plus braconné au Zimbabwe. Ce trafic alimente le marché très juteux de la médecine traditionnelle asiatique, notamment au Vietnam et en Chine où l’on prête des vertus thérapeutiques à la corne, vertus jamais prouvées scientifiquement.

Et en Afrique du Sud justement, on adopte aussi cette pratique ?

20 000 rhinocéros y vivent ce qui représente 80% de la population mondiale. Un tiers d’entre eux est parqué dans des fermes aussi discrètes que sécurisées. Et si ces fermiers se sont mis à cet élevage particulier ce n’est pas par amour des animaux mais pour les vendre à des zoos ou à des réserves. Un rhinocéros mâle se vend 20 000 euros et une femelle près de 25 000 euros. Mais les fermiers voudraient aussi que l’interdiction du commerce international de corne de rhinocéros soit un jour levée. Le kilo de corne se négociant jusqu’à 60 000 dollars au marché noir, vous imaginez le jackpot ! En attendant ce jour hypothétique, les éleveurs, face à l’explosion du braconnage, décornent aussi leurs rhinocéros pour décourager les braconniers, tout en militant auprès du gouvernement de Pretoria pour la légalisation de la vente de corne, seule solution, à leur avis, pour assécher ce marché illégal. Il faut prendre le rhino par les cornes, disent-ils, la solution est maligne, est-elle éthique ?

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