Revue de presse : Aimée Mullins, un vélo pour purifier l’eau et les chevreuils et sangliers protecteurs de la biodiversité

Au menu des Bonnes Ondes de Yolaine de la Bigne cette semaine ? La découverte d’Aimée Mullins, une jeune irlandaise handicapée devenue championne paralympique puis top model, un vélo qui peut purifier jusqu’à 3 tonnes d’eau en 10 heures, et des chevreuils et des sangliers qui sèment des graines. A écouter ci-dessous (3’47)(*).

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/02/Revue-de-presse-du-25-fevrier.mp3|titles=Revue de presse du 25 février]

(*) – Dialogue des chasseurs issu du sketch « Les Chasseurs » des Inconnus

Version écrite

Mais oui, les contes de fées existent ! Lisez Paris-Match et l’étonnante histoire d’Aimée, la bien nommée, une superbe blonde née avec une malformation et qui a été amputée des deux jambes à l’âge d’un an. Le début de l’article vous met tout de suite dans l’ambiance « Aimée Mullins voyage toujours avec sa valise de jambes. Elle en a une vingtaine, adaptées à toutes les circonstances, rollers, courses en ville, pour les baskets comme pour les escarpins à talons ». Car Aimée, pourtant née dans une famille pauvre, a décidé de se battre, de faire comme les autres et de fuir tous les râleurs qui se plaignent ou ceux qui se moquaient d’elle. Elle a créée elle-même son histoire, à faire rêver petits et grands…

Elle a voulu courir pour s’amuser, et à 20 ans elle gagnait deux records, le 100 mètres et le saut en longueur. Devenue un symbole de l’américan dream, le couturier Alexander Mc Queen lui a demandé de défiler pour elle avec deux jambes en bois comme des bottes et aujourd’hui, la cocheluche des Etats-Unis est la nouvelle ambassadrice de L’Oréal. Magnifique !

Belle et sportive, Aimée serait sûrement intéressée par ce drôle de vélo mis au point par la société japonaise Nippon Basic, spécialisée dans les solutions de filtration d’eau. Le Cycloclean permet de filtrer d’importantes quantités d’eau : il suffit de pédaler pendant une minute pour obtenir 5 litres d’eau potable. L’intérêt ? Trouver de l’eau potable dans des situations d’urgence ou dans des zones isolées. Une prouesse technologique, hélas trop cher, comme le fait remarquer le site Zegreenweb. L’engin coûte plus de 4 800 euros ! Pourtant, 200 Cyclocleans ont déjà été commercialisés au Japon, en Chine ou au Cambodge. Au Bangladesh, une usine devrait même être bientôt inaugurée pour répondre à la demande en eau potable.

Il y en a, par contre, qui pédalent dans la semoule depuis des années. Ce sont les amis des bêtes, notamment des sangliers et des chevreuils, accusés de tous les maux par les chasseurs car ils prolifèrent depuis 30 ans ; forcément, on a éradiqué tous leurs prédateurs comme les loups et on a déstabilisé l’équilibre naturel. Du coup, ils sont devenus les ennemis à abattre puisqu’ils font des dégâts dans les champs et les forêts pour trouver de quoi manger. Mais, bonne nouvelle pour eux, on vient de comprendre leur rôle important dans la sauvegarde de la biodiversité. En effet, ils transportent dans leur pelage des plantes importantes et souvent en voie de disparition. Le Figaro nous raconte qu’en analysant l’évolution de la végétation des sous bois de la forêt domaniale d’Arc en Barrois en Haute Marne, l’équipe de Jean Luc Dupouey de l’INRA de Nancy s’est aperçue que le cynoglosse officinal, une plante en voie de disparition, s’était répandue sur des hectares…par miracle.Et pourtant, il y avait une raison. Elle se nomme l’épizoochorie, c’est-à-dire, la dispersion des graines par les animaux. Une science peu étudiée en nos contrées mais plutôt dans les forêts tropicales. En fait, les sangliers et les chevreuils accrochent dans leur pelage cette plante trop lourde pour être portée par le vent. Ils lui fournissent de l’azote grâce à leurs déjections et lui procurent de la lumière en broutant la végétation et en lui laissant toute la place pour s’épanouir. Christophe Baltzinguer du Cemagrf a lancé un programme de recherche sur la dispersion des plantes par les ongulés sauvages, le DIPLO qui recense déjà une cinquantaine de plantes sauvées sur de grands territoires grâce à Dame Nature, décidément toujours aussi intelligente, et grâce aux sangliers et aux chevreuils, qui vont peut-être sauver leur peau avec ce nouveau boulot : semeur de graines.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.