Quelle époque éthique !

Le resto de la discrimination à l’envers

Le Reflet, c’est le nom de ce resto pas comme les autres ouvert en décembre dans le centre-ville de Nantes. Né de la volonté d’une jeune architecte, l’établisssement privilégie le handicap comme facteur d’embauche. Une gageure et une bouffée d’espoir pour ses jeunes salariés.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Nous allons parler d’attention à l’autre avec une idée : un restaurant pas comme les autres qui s’est ouvert à Nantes pour pratiquer la « discrimination à l’envers », c’est à dire ?

Le Reflet a été initié par une jeune architecte de 26 ans, Flore Lelièvre, pour faire travailler des handicapés. C’est une belle initiative puisque les 4 serveurs et les 2 aides cuisinières du Reflet sont trisomiques. Ils sont encadrés bien sûr par le manager du restaurant et par la cheffe de cuisine qui est aussi éducatrice spécialisée. L’architecte a conçu un univers  pour eux. Par exemple, comme ils peuvent avoir des difficultés à lire rapidement ou parler correctement, des polaroids de chaque plat sont encastrés dans les table avec une feuille et un tampon pour que le client fasse lui-même ses choix. Et hop c’est parti pour la commande ! Autre exemple : pour que les serveurs ne confondent pas leur secteur, Flore a mis des couleurs aux coins des tables qui leur permettent de se reconnaître en un coup d’œil. Et puis parce que les personnes trisomiques ont une moins bonne capacité de préhension, on a moulé des empreintes de mains dans les assiettes en porcelaine qui leur permettent de ne rien faire tomber. Plein d’idées malignes !

Et une belle mission : mettre en lumière les difficultés à trouver un travail pour les jeunes adultes handicapés alors que c’est le meilleur moyen de se sentir reconnu dans la société

Car travailler permet de créer du lien social. Hugues Defoy de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (l’Agefiph) se félicite dans le magazine M du Monde que « avec la loi de 2005 sur l’égalité des droits, les entreprises ayant un effectif de travailleurs handicapés sont plus nombreuses » mais il reconnaît « qu’il y a encore beaucoup de préjugés ». Flore Lelièvre le sait puisque son frère est atteint de trisomie. Elle a donc créé l’association Trinôme 44 qui pilote le restaurant avec beaucoup d’intelligence. Par exemple, au Reflet, les contrats ne dépassent pas 24 heures par semaine, pour éviter le surmenage à des employés parfois fragiles. Et sa formule marche ! Caroline l’une des aides cuisinières confiait, toujours dans M : « Je suis épanouie et ça me donne de l’espoir » !

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