Innovation :

Réfugiés : Les architectes de l’urgence

S’il est facile d’oublier les millions de réfugiés qui s’échappent de la Syrie et des pays environnants pour tenter leur chance en Europe à cause des autres nouvelles qui secouent l’actualité, il n’empêche qu’il faut continuer à leur porter assistance, et donc à les loger… Heureusement, des ONG s’ingénient à trouver des solutions d’urgence durable.

Camp de réfugiés au Tchad, crédit Wikipedia
Camp de réfugiés au Tchad, crédit Wikipedia

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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On compte plus de 10 000 migrants qui ont perdu la vie en Méditerranée en tentant d’atteindre l’Europe depuis 2014. Et les camps français aux conditions de vie proches des bidonvilles existent toujours,  à Calais ou Grande Scynthe, d’où l’importance de trouver des solutions d’habitat d’urgence.

C’est en effet la préoccupation de nombreux architectes. Ainsi, l’ONG suédoise Better Shelter regroupe des ingénieurs, architectes, designers et a imaginé  pour le Haut Commissariat pour les Réfugiés, des maisons de 17m² que l’on peut assembler en six heures seulement sans avoir besoin d’aucun matériel supplémentaire pour un prix de 1060 € chaque. Elles sont déjà utilisées en Irak et à Djibouti, et 550 maisons viennent d’être livrées dans les îles grecques de Kos et de Lesbos. Elles offrent un toit, sont équipées de panneaux solaires qui chargent des LED pour alimenter des ports USB pour les portables. Elles sont entièrement recyclables et sont conçues pour durer 3 ans.

Ce sont les seuls à avoir proposé un modèle de ce type ?

Non, l’ONG française Architectes de l’urgence travaille la question depuis 2001, mais en voulant favoriser la main d’œuvre locale et les matériaux locaux. Par exemple, en Indonésie, elle a produit une maison de 45m² conforme aux normes parasismiques pour 6000 euros et une maisonnette au Pakistan de 24m² pour 800€. Pourquoi ne pas le faire en France ? M, le magazine du Monde expliquait récemment que nous avons des standards parfois absurdes qui empêchent d’homologuer des constructions intéressantes. Déjà l’abbé Pierre avait demandé à Jean Prouvé de construire la « maison des jours meilleurs », confortable et rapide à construire pour les pauvres, qui n’a jamais pu se faire parce que la cuisine n’avait pas d’ouverture à l’extérieur !

C’est en effet absurde ! Mais le secteur peut-il s’organiser vue l’urgence de la situation des réfugiés ?

Le 28 Mai, Venise a reçu la Biennale internationale d’architecture, « Première Biennale post-Piketty » selon le Financial Times qui signerait la fin de règne des « starchitectes » et l’arrivée de nouveaux architectes qui redescendent dans la rue pour gérer les problèmes graves du monde. On y a échangé sur l’accueil des réfugiés, des villages capables de produire la nourriture et l’énergie pour ses habitants, de nouveaux procédés de construction selon les principes du biomimétisme avec de nouveaux matériaux écologiques, peu chers… Bref, une révolution architecturale est en marche !

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Marion Lefevre

Etudiante en sciences politiques et désirant faire du journalisme son métier. Jusqu'ici assez peu informée en terme d'écologie, c'est au contact de quelques amis vegan et végétariens que j'ai commencé à m'intéresser aux problématiques environnementales. J'étudierai l'année prochaine au sein d'une université montréalaise, où j'espère bien pouvoir en apprendre davantage sur l'écologie sauce québécoise !