Biodiversité :

Rapport du WWF sur la Méditerranée : on va faire plouf !

Explosion du tourisme, de l’exploitation pétrolière et gazière, des transports… la mer Méditerranée, déjà très polluée, n’est pas prête de retrouver le calme plat d’après le rapport édifiant publié par le WWF. Un signal d’alarme que nos dirigeants européens feraient bien d’écouter s’ils veulent nous éviter le grand plongeon.

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Pixabay

Ecoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 !

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Le WWF a sorti une étude alarmante sur l’état de la Méditerranée, qu’en est-il ?

Cela fait des années qu’on sait que cette mer semi-fermée est en danger. Elle est sur-exploitée entre les transports, le tourisme, l’aquaculture ou encore l’exploitation d’hydrocarbures. Cette étude de MedTrends pour WWF est un bilan pour alerter les pouvoirs publics. D’autant que l’on prévoit de nombreux conflits pour accaparer les espaces. C’est déjà le cas en Croatie ou aux Baléares, où le secteur touristique est en désaccord avec les projets d’exploitation des hydrocarbures. En 2030, on estime qu’il y aura 500 millions de touristes en plus, dans la région méditerranéenne, soit une augmentation de 60%, par rapport à 2015. Formidable pour l’économie européenne mais pathétique pour la nature détruite par ce tourisme massif.

Cela ne risque-t-il pas de nuire aux populations des poissons ?

L’étude révèle que 90% des stocks de poissons sont déjà surexploités, or cela devrait empirer. Les zones de pêche vont se réduire à cause de la production pétrolière. Elle pourrait progresser de 60 % d’ici à 2020, par rapport à 2010. Quant à la production gazière en mer, particulièrement polluante, elle pourrait être multipliée par cinq entre 2010 et 2030.

Ce bilan fait un peur, existe-t-il des solutions? 

Il y a toujours des solutions. L’étude en donne quelques-unes. Par exemple, pour éviter la pêche intensive et l’aquaculture, on peut favoriser la pisciculture. Remplacer les énergies fossiles, par les énergies renouvelables comme l’éolien maritime sur des fermes flottantes adaptées aux eaux profondes de la Méditerranée. Protéger la biodiversité en créant des aires marines protégées au-delà des eaux territoriales, mieux réguler le trafic maritime, mettre en place de dispositifs anti-collision pour les cétacés. Et bien sûr, travailler plus largement sur la gouvernance, ce qui n’est pas évident vu le nombre de pays concernés par la Méditerranée. Encore un pari pour l’Europe ! Mais ça peut se faire, allez messieurs de Bruxelles, y’a encore du boulot !

Cette chronique a été diffusée le 4 février sur Sud Radio en partenariat avec 585ENGIE acteur de la transition énergétique

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Laura Stefanutto

Passionnée par le monde et ses richesses culturelles, elle écume les mers depuis son plus jeune âge. Bien décidée à profiter de ce que lui offre la vie, elle débute une série de voyage en solitaire, avec l’Australie notamment, après l’obtention de son bac. Quelques mois plus tard et des souvenirs plein la tête, elle revient en France pour entamer une école de journalisme. Sensible à la cause humaine et environnementale, elle est convaincue qu'un avenir meilleur est possible.