Quelle époque éthique :

Une pratique barbare pour éviter les odeurs

85% des cochons mâles sont stérilisés à vif, sans anesthésie lors de leur première semaine d’existence. Le but de cette pratique ? Éviter que les hormones donnent un goût trop prononcé à la viande. Un pur scandale.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique » ! Une chronique à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

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Il y a quelques jours, un annonceur et un préfet ont décidé d’enlever des affiches dénonçant la pratique de la castration à vif des porcelets ce qui a créé une polémique

La raison invoquée de cette interdiction : risques de dégradation et trouble à l’ordre public… En effet c’est comme l’enfer des abattoirs, l’horreur des transports, le cauchemar des stabulations, les poussins broyés vivants, bref le sadisme qu’endurent les animaux et que la population ignore. 85% des petits cochons qui naissent sont castrés sans anesthésie bien sûr sinon ça serait trop cool. Donc on prend le bébé dans les mains, on sort ses testicules et hop on coupe. On imagine bien que ce n’est pas une partie de plaisir.

Mais pourquoi on fait ça ?

Pour que la viande ne sente pas la viande et qu’elle soit plus grasse ! Castrer les mâles évite les odeurs causées par les hormones sexuelles. Et puis ça rend les cochons plus gros donc plus rentables plus vite. Une pratique barbare mais que le monde agricole n’assume pas ! Cette campagne intitulée « Couic » et placardée en Bretagne et dans la Sarthe, par l’association Welfarm, a été censurée par l’afficheur Clear Channel en Bretagne et par le préfet de la Sarthe. L’union européenne a pourtant demandé aux producteurs de modifier ces pratiques d’ici à 2018 mais certaines filières comme le jambon de Bayonne ont prévenu qu’elles ne s’y soumettraient pas. Ils ne veulent même pas entendre parler d’autres méthode moins sauvages comme l’immuno-castration par injection. Donc non seulement, ce débat éthique n’est pas à l’ordre du jour pour les agriculteurs mais ils ne veulent pas que vous le sachiez et empêchent donc les associations de faire leur travail. Tu paies ton jambon, pas besoin de savoir comment il a été fait, tête de lard !

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.