Quelle époque éthique !

Pour ou contre l’abattage à la ferme ?

Parce qu’ils se sentent responsables des bêtes qu’ils élèvent, ils sont quelques-uns, en France à refuser d’avoir recours aux abattoirs. En abattant eux-mêmes leurs animaux à la ferme, ils défient la loi.

Hälsingestintan
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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

 Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Pour limiter les souffrances de leurs bêtes, de nombreux éleveurs choisissent de ne pas les conduire à l’abattoir et de les tuer à la ferme. Une pratique pourtant interdite.

La pratique de l’abattage au pré est en effet limitée au petit bétail (moutons, volailles) et réservée à la consommation personnelle ou familiale de l’éleveur. Mais elle est punie de peines allant jusqu’à 6 ans d’emprisonnement si la viande est proposée à la vente. Malgré tout, de nombreux éleveurs franchissent le pas de l’illégalité, pour des raisons éthiques et préfèrent tuer eux-mêmes leurs animaux pour leur éviter les souffrances que montraient notamment les vidéos de l’association L214.

Écoutez « L’abattoir ambulant pour éviter la barbarie »

Cela reste marginal ou ils sont nombreux ?

Ils seraient plus de 200 agriculteurs, selon Le Parisien, comme Marie Eve, dans la Sarthe, qui fait appel à un boucher pour abattre ses brebis ou Stéphane Dinard, éleveur porcin et bovin en Dordogne. Il explique au Parisien : « C’est une question de principe, je ne peux pas soigner mes bêtes, passer du temps avec elles toute leur vie pour au final ne pas leur garantir une mort digne ». Il écoule ses plats de côtes et ses saucisses sous le manteau à des clients sympathisants mais il a été repéré cet été par la Direction des Services vétérinaires. Il risque aujourd’hui 6 mois de prison et 15 000 euros d’amende.

C’est un terrible paradoxe quand l’éthique d’un éleveur finit par menacer la situation économique de sa ferme.

Ce qu’on leur reproche est une question d’hygiène, il serait donc plus simple de mettre en place ces camions d’abattage mobile comme cela existe en Suède ou en Allemagne. On en avait parlé ici il y a quelques mois, ce sont des structures légères qui respectent les conditions sanitaires, contrôle vétérinaire, gestion des déchets, etc. Mais la solution était trop belle ! L’amendement à la loi sur les abattoirs qui proposait justement d‘expérimenter ces camions itinérants a été rejeté par les députés en janvier. Étrange décision, quand on sait qu’il ne s’agissait pas de concurrencer les abattoirs industriels mais bien de proposer une solution alternative aux éleveurs engagés comme aux consommateurs motivés. Mais, on va sans doute en reparler car nos députés ne semblent pas avoir bien compris, comme souvent,  le mouvement profond de l’opinion envers le bien-être animal.

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