Les îles Palaos, un modèle de préservation des océans

Aerial_view_of_uplifted_limestone_islands_in_PalauF. Umiich Sengebau, Ministre des ressources Naturelles, de l’Environnement et du Tourisme des îles Palaos, était présent à la dernière Monaco Blue Initiative. En 2009, la République créait le premier sanctuaire de requins au monde. A l’occasion de son interview, il nous parle de la préservation des océans, des grands prédateurs marins et de nos ressources naturelles.

prd_032815Pensez-vous que votre République puisse être un exemple pour les autres pays ?

Nous sommes ici aujourd’hui (à la Monaco Blue Initiative), suite à l’invitation du Prince Albert II. Je pense que les Palaos peuvent être considérées comme un des leadeurs mondiaux de la préservation des océans. Nous sommes aussi le premier pays à avoir établi un « Marin Sharks Sanctuary » (premier sanctuaire marin de requins).

Palau_Banta_Nusa_Tenggara_Barat_IndonesiaComment faire bouger les choses, à l’échelle mondiale, en matière de préservation des mers et océans ?

S’il y a bien une chose fondamentale, c’est la prise de conscience des pays mais aussi celle des individus du monde entier. Le savoir et la connaissance de notre environnement sont indispensables pour changer les mentalités.

Vous avez, au sein de votre constitution, des dispositions qui obligent les dirigeants et les citoyens à respecter l’environnement. Comment cela se traduit-il au quotidien ?

Milky_Way,_PalauLa conservation et la préservation des océans ne sont pas des concepts nouveaux, pour les habitants des îles Palaos. Cela fait des années que nous nous consacrons à cet aspect. Le respect de l’environnement est une matière enseignée à l’école primaire. Les citoyens retirent un bénéfice immédiat des gestes de préservation de l’environnement. Malheureusement, ils constatent déjà le déclin de leurs ressources naturelles. Nous œuvrons tous pour la même cause. Le gouvernement essaye d’apporter de l’assistance technique et financière, pour aider les communautés à gérer et protéger leurs ressources.

Avez-vous de nouvelles solutions pour lutter contre la détérioration des fonds marins et la préservation de la biodiversité ?

En 2003, nous avons signé ce que l’on appel The Protected Area Network, un accord international visant à protéger les zones marines menacées. Le ministère, dont je m’occupe, est en charge de la répartition des ressources et de leur utilisation par les communautés. Nous avons près de 100 000 touristes par an qui payent ce que l’on appel « The Green Fee » (La taxe verte). Grâce à elle, nous créons de l’emploi dans des parcs marins. Non seulement nous générons du travail mais en plus nous renforçons la valeur de notre patrimoine naturel. Nous tentons également d’améliorer les conditions de vie des citoyens.

Votre pays vit du tourisme. Comment parvenez-vous à garder un environnement vert avec autant de passage ?

SAMSUNG DIGITAL CAMERALe tourisme est très important pour nous. Presque 75% du PIB provient de cette activité. Nous valorisons beaucoup les touristes. Et comme le Président Tommy Remengesau dit, « notre économie est notre environnement et notre environnement est notre économie ». Nous devons protéger l’environnement, premièrement parce que nous en dépendons et deuxièmement parce que c’est en somme, la carte de visite du pays. Nous sommes le plus petits pays du monde à avoir une biodiversité marine aussi riche. Nous en sommes très fières et nous sentons responsables de sa préservation. Notre bien-être et notre économie sont étroitement liés puisque la nature nous permet de vivre de ses ressources et de les faire partager aux touristes qui nous apportent un important apport financier.

Les touristes respectent-ils suffisamment la nature sur les îles Palaos ?

Nous faisons très attention à cela. Il nous arrive d’être face à des touristes qui ne savent pas qu’il ne faut pas ramasser les coraux par exemple. Nous travaillons avec les tours opérateurs pour qu’ils sensibilisent nos invités à ce genre de considérations. Nous faisons en sorte que la seule choses qu’ils prennent soient des photos. Et surtout qu’ils n’endommagent pas l’environnement qu’ils sont venus apprécier. En 2003, avant même que notre pays déclare la création du premier sanctuaire de requins, nous étions un des premiers pays à légiférer sur le sujet de la pêche aux ailerons (de requins). En conséquence, notre président a déclaré ouvert en 2009 le premier sanctuaire de requins au monde. Ce qui nous a rendu encore plus attractif pour les touristes. Quand ils viennent aux Palaos, ils savent qu’ils vont voir ces squales. Nous bénéficions de revenus importants du commerce de thon et nous devons parvenir à maximiser nos revenus tout en protégeant cette précieuse ressource.

 

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.