Quelle époque éthique :

Monsanto sur le banc des accusés

Un vrai/faux procès destiné à provoquer les industriels de l’agriculture et à alerter les opinions publiques s’ouvre à La Haye. La multinationale Monsanto sera en ligne de mire ; et il sera question d’inscrire l’écocide au tableau des crimes reconnus par le droit international pénal.monsanto_tribunal

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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C’est aujourd’hui que s’ouvre à La Haye le procès de Monsanto, les auditions et plaidoiries vont durer jusqu’à dimanche 16… sauf que ce ne sera pas au sein d’un vrai tribunal ?

L’opération « Tribunal Monsanto » est en fait un mouvement citoyen, une initiative internationale en forme de procès afin de poser enfin et en public les bonnes questions concernant les pesticides bien sûr, mais aussi les modèles d’agriculture industrielle et chimique qu’impose à la planète toute entière ce qui est devenu il y a peu le groupe Bayer-Monsanto. Car au-delà de ces deux-là, c’est tout un système qui est pointé du doigt. Ce tribunal sera présidé par 5 juges et écoutera des avocats défendre les dossiers de citoyens plaignants. Mais ce n’est pas un « vrai » tribunal au sens pénal du terme et c’est là que le bât blesse car pour l’instant aucune juridiction internationale n’empêche les multinationales comme Monsanto de pratiquer leurs politiques commerciales sans aucun travail sur leurs conséquences sur les petits agriculteurs, les consommateurs et sur la planète.

Il va donc être question de l’épineux problème de l’écocide

Reconnaître l’écocide comme un crime et l’inclure dans le droit international pénal serait une avancée majeure. Pour mémoire, la société Monsanto est à l’origine du PCB qui constituent un danger pour fertilité et du lasso, un herbicide aujourd’hui interdit en Europe, sans oublier le fameux « round up », un désherbant hyper toxique. Il ne s’agit que de ces produits, mais des méthodes particulièrement dévastatrices. A l’annonce de la fusion de Bayer et de Monsanto, le grand chef breton Olivier Roellinger s’inquiétait dans Télérama :« en contrôlant les semences, ces sociétés veulent s’approprier le vivant, tracer l’ensemble du végétal, le standardiser. Chaque graine sera marquée comme avec un poinçon. ». Est-ce le monde dont nous voulons ?

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.