Colombie :

Mise en lumière des femmes de l’ombre

La Terre et l’Ombre est le premier film de César Acevedo, primé trois fois au festival de Cannes 2015. A 32 ans, le colombien n’a pas peur de parler de ce qui dérange, surtout dans son pays. Son film met en scène deux problèmes essentiels, la destruction de la terre et celle de la famille.

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La Terre et l’Ombre, de Cesar Acevedo

La Colombie, vue par César Acevedo, nous offre un paysage désolant où le monde politique est caché. « Le gouvernement ne se préoccupe que de vendre une image positive », souligne ironiquement le réalisateur. Il a souhaité montrer un pays où la misère est monnaie courante, dans une société devenue insensible face à la violence et aux douleurs. Les gens finissent par perdre leur dignité et n’essaient plus de lutter pour leurs droits. Le réalisateur reste confiant, il est possible de changer le cours des événements. Les hommes doivent penser au bien-être des autres. Etre humain, une qualité qui a été oubliée … 

Dans La Terre et l’Ombre, une certaine force de caractère des personnages ressort. Les hommes apparaissent vulnérables et les femmes au contraire semblent porter leur famille. Des rôles qui s’inversent, surtout pour une société patriarcale. Mais aujourd’hui, ça représente quoi d’être un homme ou une femme ?

César Acevedo dépeint un univers machiste où les femmes ont peu de place. Elles peuvent perdre leur travail parce qu’elles ne sont pas assez rentable, par exemple. Une différence sociale clairement dénoncée, mais la gent féminine ne se rebellent-elles pas ? N’y a-t-il pas d’associations qui luttent en leur faveur ?

Le film soulève un second problème. Celui de l’exploitation de la canne à sucre. Sa culture est responsable de nombreux ravages, aussi bien environnementaux que sociaux. Les champs de cannes créent un barrage entre les paysans et les villes, la culture locale se perd, les paysans subissent des contraintes alimentaires… Des saisons de brûlages ont lieu afin de pouvoir exploiter la canne. Des périodes où des pluies de cendres, particulièrement nocives, doivent être supportés par les paysans et les sols. Une forme de pollution que l’on connait peu, mais qu’en est-il ? Quel est le lien du réalisateur avec l’environnement ?

Pour pouvoir produire des changement, faudrait-il plus de films engagés ? Qu’est-ce qui agace et qui donnerait envie de faire un prochain film ?

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Laura Stefanutto

Passionnée par le monde et ses richesses culturelles, elle écume les mers depuis son plus jeune âge. Bien décidée à profiter de ce que lui offre la vie, elle débute une série de voyage en solitaire, avec l’Australie notamment, après l’obtention de son bac. Quelques mois plus tard et des souvenirs plein la tête, elle revient en France pour entamer une école de journalisme. Sensible à la cause humaine et environnementale, elle est convaincue qu'un avenir meilleur est possible.