Bien-être :

Marcher pour philosopher

Alors que l’épreuve de philosophie ouvrait traditionnellement les épreuves du baccalauréat il y a un mois, Néoplanète s’interroge aujourd’hui sur la compatibilité de la philosophie… et de la marche ! Après tout, pourquoi séparer activités physique et mentale ?

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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La mi-juillet, ça sent bon les vacances, de quoi parler d’un loisir très en vogue ; la marche.

Marcher, c’est bon pour la santé, c’est du bon sens.  C’est un loisir totalement respectueux de la nature bien sûr mais aussi de votre corps. Allons plus loin, ce n’est pas uniquement bon pour le corps, c’est aussi bon pour l’esprit. Marcher serait même une démarche philosophique ! « La pensée ne se déploie jamais aussi bien que quand elle se met en mouvement » écrivaient récemment Jean Birnbaum et Marc Bettinelli dans Le Monde. C’est même une tradition philosophique. Montaigne écrivait : « Mes pensées dorment si je les assis. Mon esprit ne va si les jambes ne l’agitent ». Et Descartes a beaucoup disserté sur la pensée en mouvement liée à la pensée du mouvement, une pensée dynamique. 

D’une façon plus concrète pour chacun d’entre nous, cela veut dire qu’en marchant, on peut réfléchir.

Exactement, que ce soit en allant travailler ou en se baladant en forêt. Le but : arrêter de dissocier le corps et l’esprit comme nous le faisons dans nos sociétés contemporaines. Un esprit sain dans un corps sain ! Marcher ne permet pas de se transformer en philosophe, bien sûr, mais permet d’éprouver des émotions, d’admirer la beauté de la nature, de penser plus tranquillement à ses problèmes, de faire la part des choses et le point sur sa vie. Bref, marcher ouvre la voie à toutes sortes de pensées. Quand on marche, on ne court pas, on prend son temps, ce qui devient si rare dans nos vies toujours pressées. C’est déjà une démarche philosophique, ralentir, se ressourcer.

Mais tout le monde n’est pas prêt à aller marcher seul durant des heures !

A chacun son rythme, on peut marcher ; longtemps ou non seuls, accompagné comme le faisait Socrate dans ses dialogues rapportés par Platon, en ville comme l’écrivaine Stéphanie Janicot, dans la campagne ou en altitude comme le poète voyageur André Velter (« Mes muscles, mes tendons, chaque cellule de mon organisme : je pense de partout et c’est jubilatoire »). On peut aussi faire partie d’un mouvement ou d’une association comme Les Apprentis Philosophes, une association qui organise des randonnées philosophiques tous les ans. A Brocéliande, à Valence, à Rocamadour, dans la montagne de Lure. Bref, marcher, c’est être libre !

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Marion Lefevre

Etudiante en sciences politiques et désirant faire du journalisme son métier. Jusqu'ici assez peu informée en terme d'écologie, c'est au contact de quelques amis vegan et végétariens que j'ai commencé à m'intéresser aux problématiques environnementales. J'étudierai l'année prochaine au sein d'une université montréalaise, où j'espère bien pouvoir en apprendre davantage sur l'écologie sauce québécoise !