Innovation :

Schtroumpfant : une maison en champignons !

Bons petits plats mais aussi cosmétiques, carburants, dépolluants… les champignons ont tous les talents ! Ils pourraient même servir à fabriquer des briques de constructions écologiques. Prêt à vivre dans une maison en champignons ?

Des maisons en forme de champignon mais pas construite à base de ce nouveau matériau encore en développement.
Des maisons en forme de champignon mais pas construites à base de ce nouveau matériau encore en développement.

Yolaine de la Bigne reprend sa place derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 ! 

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Vous nous faites souvent part d’innovations insolites, comme celle-ci, une maison en champignons, c’est-à-dire ?

C’est en effet très étonnant comme idée. Le but est toujours de trouver ou de créer de nouveaux matériaux de construction plus respectueux pour la planète qui n’utilisent pas de produits chimiques par exemple, ou de sable comme le béton qui pose de graves problèmes puisqu’on pille le sable dans les océans, ce qui déstabilise les rivages. L’autre intérêt est le champignon qui est presque un super héros de la nature, encore sous-estimé : bio pesticide, dépollueur de sols (le seul capable de dégrader la lignine et la cellulose présents dans les énergies fossiles, il peut traiter un sol contaminé par les hydrocarbures), c’est un biocarburant (transforme les déchets en sucre, ce dernier produit du biocarburant)…

Mais comment pourrait-on construire un bâtiment avec ces champignons ?

En fabriquant des briques en champignons, composées exactement de mycélium, la partie végétative du champignon qui est un réseau de fibres très dense et qui peut donc être très solide. Un matériau d’autant plus intéressant qu’il se « nourrit » de déchets agricoles. Comment ça marche ? On dispose dans un moule ces déchets (tiges de maïs, sciure de bois, céréales) avec ce fameux mycélium. Ce dernier va les manger, il va tout engloutir jusqu’à rendre ses aises et remplir totalement le moule. Cela peut prendre de 3 à 7 jours. Ensuite, on sèche ces briques puis on les met au four pour tuer d’éventuels champignons ou spores. Bref avec très peu d’énergie et sans émettre de dioxyde de carbone, vous obtenez une brique de construction ininflammable, légère, biodégradable, très résistante et qui absorbe parfaitement les chocs.

Cela semble très séduisant, on va en voir bientôt sur le marché ?

La société américaine Ecovative commercialise déjà des emballages, du matériel d’isolation et des accessoires de surf à partir de mycélium. Et l’entreprise américaine aussi, MycoWorks, travaille avec des architectes. Mais ces briques ne sont encore que des prototypes et il faut encore quelques tests pour analyser notamment leur durée de vie et leur étanchéité. Autre problème : le procédé de fabrication est assez long mais surtout le souci est psychologique car il faut que nous acceptions d’habiter un jour dans une maison en champignons ce qui est associé dans notre culture aux moisissures. Viens chez moi j’habite chez des champignons ! Pas évident…

Cette chronique a été diffusée le 11 janvier sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.